vendredi 18 décembre 2015

L'exposition internationale de Bruxelles, 1897 (3/3): le site de Tervueren ^^

Dernier volet de cette série consacrée à l'exposition internationale de Bruxelles de 1897 qui, après avoir abordé le site du Cinquantenaire et la desserte de l'exposition par les transports en commun, nous emmène aujourd'hui à Tervueren.

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5. Le site de Tervueren

L’annexe de l’exposition internationale de 1897 prend place dans le parc de Tervueren. Ce parc  est une ancienne enclave de la forêt de Soignes, qui a vu s’y ériger plusieurs châteaux. Le tout premier fut construit en 1200 par Henri Ier, duc de Brabant. Il fut reconstruit par les archiducs Albert et Isabelle, qui confièrent les travaux à Wenceslas Coeberger, leur architecte. En 1632, le parc fut entouré de murailles, juste avant d’être pillé et saccagé en 1635. Ce premier château fut finalement détruit en 1781 par Joseph II.

Un second château fut construit en 1815, et fut habité par la princesse Charlotte, la sœur du roi Léopold II, à partir de 1870. Le château fut détruit dans un incendie et on construisit sur son emplacement le Musée colonial, érigé entre 1905 et 1908. Ce bâtiment n’existait donc pas encore lors de l’exposition internationale de 1897, qui se tint dans le Palais des Colonies, conçu par l’architecte belge A-P Aldrophe.
Le Palais des Colonies, carte postale

Juste à l’entrée du Palais, on peut apercevoir une statue de Charles Vicomte du Passage intitulée « Les Cerfs après le Combat ». Cette statue n’est pas liée à l’exposition : elle se trouvait à cet emplacement depuis 1893 !
Parc royal de Tervueren – Les Cerfs après le combat, carte postale

Revenons à l’exposition en elle-même…
Plan général de l'exposition internationale de 1897 (c) BNF /  www.gallica.fr

L’exposition présentait divers objets ethnographiques, des animaux empaillés, des produits venant du Congo (café, cacao, tabac)…
L’exposition internationale de 1897, section coloniale, salle d’ethnographie © Coll. M. Albrecht

… ainsi qu’un zoo humain représentant un village congolais.
Exposition internationale de 1897, section coloniale, le village congolais
© Coll. M. Albrecht

Cette annexe occupait une superficie de plus de 200 hectares, et comprenait, outre la section coloniale dont il a été question ci-avant, un hall dédié aux chemins de fer ainsi que  diverses attractions parmi lesquelles un monorail.


6. La Galerie du matériel des chemins de fer.

Cette section dédiée aux transports, avec un groupe de machines fixes et des dynamos en mouvement, occupait un espace de 5000m². Des 2500m² affectés aux chemins de fer, 1550 étaient consacrés à la Belgique et le reste à la France. Aucun autre pays n’était représenté.

L’ensemble des locomotives présentées par l’Etat Belge comprenait, à côté de types tout à fait nouveaux pour l’époque, comme la locomotive type 16 et la locomotive compound articulée, quelques véhicules qui avaient déjà fait leurs preuves sur le réseau belge.

Voici une brève description des locomotives belges exposées :
·    
    * Trois locomotive express pour ligne de niveau, type 12 : il s’agit d’une locomotive à 8 roues (dont 4 accouplées) destiné au service « Bruxelles-Nord  – Ostende », construites pour remorquer une charge de 150 tonnes à la vitesse de 90 km/h. Ces trois locomotives venaient chacune d’un constructeur différent : la première venait des ateliers centraux de l’Etat Belge à Malines, la seconde de la Société anonyme de la Meuse à Liège, et la troisième de la Société anonyme des Forges, Usines et Fonderies de Haine-Saint-Pierre.
Extrait de la Revue générale des chemins de fer et des tramways, 21ème année, 1898, 2ème semestre, Paris, Ch. Dunod, Editeur – article « Les locomotives des chemins de fer de l’Etat belge à l’exposition de Bruxelles-Tervueren », M. Morizot (c) BNF / www.gallica.fr


·  * La locomotive express pour fortes rampes (type 16) : il s’agit d’une locomotive à cylindres intérieurs construite par la société de Marcinelle et Couillet, ayant 8 roues (dont 4 accouplées), destinée à remorquer la charge de 110 tonnes à la vitesse moyenne de 60km/h sur les rampes de la ligne fortement accidentée du Luxembourg.


·    * La locomotive à marchandise de type 25 : il s’agit d’une locomotive à 6 roues couplées construite par MM Zimmermann, Hanrez et Cie, capable de remorquer une charge de 230 tonnes à la vitesse de 30 km/h.

Extrait de la Revue générale des chemins de fer et des tramways, 21ème année, 1898, 2ème semestre, Paris, Ch. Dunod, Editeur – article « Les locomotives des chemins de fer de l’Etat belge à l’exposition de Bruxelles-Tervueren », M. Morizot (c) BNF / www.gallica.fr


·    * La locomotive-tender à voyageurs, type 11 : il s’agit d’une locomotive à cylindres extérieurs à 6 roues accouplées, construite par la société de Boussu, pour trains légers sur fortes rampes. Elle est établie pour remorquer la charge de 110 tonnes à la vitesse moyenne de 30 km/h dans les rampes et de 55km/h dans les paliers.

Extrait de la Revue générale des chemins de fer et des tramways, 21ème année, 1898, 2ème semestre, Paris, Ch. Dunod, Editeur – article « Les locomotives des chemins de fer de l’Etat belge à l’exposition de Bruxelles-Tervueren », M. Morizot (c) BNF / www.gallica.fr


* La locomotive de manœuvre, type 51 : locomotive à 6 roues accouplées construite par la société la Métallurgique et destinées aux manœuvres de gare.

Extrait de la Revue générale des chemins de fer et des tramways, 21ème année, 1898, 2ème semestre, Paris, Ch. Dunod, Editeur – article « Les locomotives des chemins de fer de l’Etat belge à l’exposition de Bruxelles-Tervueren », M. Morizot (c) BNF / www.gallica.fr


·     * La locomotive Compound à marchandises pour fortes rampes, série ND : il s’agit d’une locomotive compound à avant-train articulé construite par la société Saint Léonard à Liège et destinée au renfort des trains à charge complète (760 tonnes) pour gravir le plan incliné de Liège à Ans.



L’ingénieur F. Behr, avait fait construire, dans le parc de Tervueren et lors de l’exposition de 1897, une voie d’expérience formant une courbe fermée de 4871 mètres de longueur, avec un rayon minimum de 500 mètres. Elle était constituée par un rail porteur, soutenu de mètre en mètre par des chevalets métalliques posés sur des traverses et sur lesquels étaient fixés deux paires de rails-guides latéraux.

Illustration issue de l’ouvrage d’André Blondel & F-Paul Dubois, « La Traction électrique sur voies ferrées », publié par la librairie polytechnique Baudry et Cie à Paris, en 1898


La voiture faisait 17.68m de longueur et 3.33m de largeur, possédait deux bogies moteurs à quatre roues et pouvait contenir 100 personnes. Les moteurs étaient au nombre de quatre, logés dans la partie inférieure des caissons. Ils étaient capables de développer chacun une puissance de 150 chevaux, à la vitesse de 600 tours par minutes, sous une tension de 700 volts. La régulation des moteurs s’effectuait par la méthode série-parallèle.

L’ensemble de la voiture pèse environ 55 tonnes, dont 12 rien que pour les moteurs.

Illustration issue de l’ouvrage d’André Blondel & F-Paul Dubois, « La Traction électrique sur voies ferrées », publié par la librairie polytechnique Baudry et Cie à Paris, en 1898




Illustration issue de l’ouvrage d’André Blondel & F-Paul Dubois, « La Traction électrique sur voies ferrées », publié par la librairie polytechnique Baudry et Cie à Paris, en 1898


Monsieur Behr avait pour espoir de faire circuler son monorail à une vitesse de 150 km/h. Les essais réalisés à Tervueren n’étant pas concluants, il abandonna son projet.


Nous voilà arrivés au terme de cette série consacrée à l'exposition internationale de 1897.  


Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont permis la rédaction que cet article (qui est un très beau travail d’équipe), et plus particulièrement Marcel, Alain, Gérard et Stéphane, qui ont plus que largement participé, dans la mesure de leurs collections personnelles, aux très nombreuses illustrations agrémentant cet article. Merci les amis !


Bonne soirée,

Callisto 

mardi 15 décembre 2015

L'exposition internationale de Bruxelles, 1897 (2/3): le site du Cinquantenaire ^^


Le second des trois articles consacrés à l'exposition internationale de 1897 qui s'est tenue à Bruxelles. Après avoir parlé de la desserte de l'exposition par les transports en commun, nous allons aujourd'hui nous focaliser sur le site du Cinquantenaire...

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3. Le site du Cinquantenaire.

Le site principal de l’exposition occupait tout le parc du Cinquantenaire. Outre les pavillons des pays participants à l’exposition, diverses galeries avaient été aménagées : une galerie des machines (avec des chaudières ainsi que diverses machines capables de produire de l’électricité), une section dédiée à l’hygiène, un musée d’art monumental, une section dédiée aux beaux-arts, une galerie de la science et des arts militaires ainsi qu’une galerie intitulée « Travail de la femme ».
Plan général de l'exposition internationale de 1897 (c) BNF www.gallica.fr

On notera que le site du parc du Cinquantenaire avait été annexé à la ville de Bruxelles en 1880. On avait pour projet d’y concentrer « tout le savoir de la Nation », dans un Palais spécialement conçu à cet effet. Les deux bâtiments qui y furent construits à l’origine étaient reliés entre eux par une arcade unique, et non pas par la triple arcade actuelle, qui ne sera aménagée qu’en 1905, à l’occasion des 75 ans de la Belgique. Les deux grandes halles vitrées qui se trouvent de part et d’autre de la cour intérieure ont été aménagées spécialement pour l’exposition internationale de 1897.
Le Palais du Cinquantenaire, avant 1905

L’ouverture de l’exposition était prévue pour le 24 avril 1897. Les travaux n’étant pas encore terminés (ils ne le seront que le 12 mai), il n’est procédé qu’à une demi-inauguration, avec l’ouverture de la salle du Zoographe (un spectacle de vues animées, une sorte de cinéma d’avant-garde) et de la section « Bruxelles-Kermesse ».
Exposition internationale de 1897, entrée de la partie "Bruxelles Kermesse". (c) Universiteitsbibliotheek Gent Beeldbank


La section « Bruxelles-Kermesse », réalisée par l’architecte Jules Barbier, proposait une reconstitution partielle du « Vieux Bruxelles », des expositions à caractère artistique, des stands de tirs et des jeux d'adresse, des concerts, des représentations théâtrales, des jeux pour les enfants, des corsos (sortes de défilés de chars fleuris) et des batailles de fleurs.

 
Billet d’entrée pour « Bruxelles-Kermesse », recto et verso © Coll. M. Albrecht

Le tout avait lieu dans un décor de vieilles maisons aux multiples guinguettes, qui proposaient des caricoles (sortes d’escargots), des crabes et des œufs durs. Divers concours de produits alimentaires bruxellois y furent organisés. On notera également la présence d’un "soleil électrique" (de 4.500 lampes) ainsi que de nombreuses illuminations.

 
Carte postale « souvenir » de la section « Bruxelles-Kermesse » et du quartier du Vieux Bruxelles


Je vous rajoute quelques illustrations, juste pour le plaisir ^^


* Un abonnement de fonctionnaire pour l’exposition de 1897, valable tant sur le site du Cinquantenaire que sur le site de Tervueren
© Coll. M. Albrecht
 
* Un timbre poste:
 
© Coll. M. Albrecht

* et finalement, un billet pour le service des chaises, valable pour toute une journée:
© Coll. M. Albrecht


4. Le voyage vers Tervueren

Afin de relier les deux sites de l’exposition, le roi Léopold II fait aménager, par l’entrepreneur Edmond Parmentier et d’après les plans de l’architecte Victor Besme, une large avenue bordée d’arbres, longue de 8 kilomètres : l’avenue de Tervueren.

A partir du Cinquantenaire, l’avenue monte vers un rond-point, puis descend sur Woluwe-Saint-Pierre, où elle est bordée d’étangs. On y projetait la création d’un jardin zoologique, qui ne vit jamais le jour. Ensuite, l’avenue, qui passait sous le pont de la ligne de chemin de fer de Bruxelles à Tervueren, monte fortement en décrivant une courbe, puis, sur le plateau, file en ligne directe vers la forêt de Soignes. Après les Quatre Bras, l’avenue dessine un coude et descend. La voie des tramways remonte alors par l’ancienne drève du château et à travers les bois, jusqu’à la principale entrée du parc de Tervueren.

La toute nouvelle avenue de Tervueren, au niveau du pont de chemin de fer de la ligne Bruxelles-Tervueren, et de dépôt de Woluwe, aux alentours de 1900. © Coll. S. Lejeune


Le troisième volet de cette série portera sur le site de Tervueren et sur la galerie du matériel ferroviaire qui se trouvait sur ce site.


Bonne soirée,

Callisto 

dimanche 13 décembre 2015

L'exposition internationale de Bruxelles, 1897 (1/3): la desserte de l'exposition par les transports en commun ^^

Le sujet du présent article (autrement dit, l'exposition internationale de 1897 ayant eu lieu à Bruxelles) étant très vaste, et afin de faciliter le confort tant du rédacteur que des lecteurs, ce (très) long article a été divisé en chapitres. Nous parlerons des informations générales relatives à cette exposition, de sa desserte par les transports en commun, des deux sites qui la composaient et des principales attractions visibles qui y étaient proposées. 

Il y aura au total 7 chapitres répartis sur trois articles:
* la desserte de l'exposition par les transports en commun
* le site du Cinquantenaire
* le site de Tervueren

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1. Informations générales et contexte.
 
L’exposition internationale de Bruxelles 1897 s’est tenue du 12 mai au 8 novembre 1897, sur deux sites distincts : le site du Cinquantenaire (qui était le site principal) et celui du parc de Tervueren, souvent appelée « annexe coloniale ». Cette annexe ne couvrait pas moins de 200 hectares et comportait, outre un zoo humain où vivaient 267 Congolais, une section dédiées aux transports ainsi que diverses attractions, parmi lesquelles se trouvait un monorail.
Vignettes de l’exposition internationale de 1897, © Coll. M. Albrecht

Ces deux sites étaient reliés par une nouvelle avenue, l’avenue de Tervueren, tracée spécialement pour l’occasion, ainsi que par une nouvelle ligne de tramway, exploitée par la société du chemin de fer à voie étroite de Bruxelles à Ixelles -Boendael.

V
ingt-sept pays participaient à cette exposition, qui fut visitée par 7.8 million de personnes : l’Allemagne, l’Autriche, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, le Danemark, l’Espagne, la France, l’Algérie, la Tunisie, la Grande-Bretagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie, la Russie, la Suède, la Suisse, l’Etat indépendant du Congo, le Libéria, le Chili, le Paraguay, les Etats Unis, la république Dominicaine, la Perse, la Turquie et la Belgique, naturellement.


Vignettes de l’exposition internationale de 1897, © Coll. M. Albrecht








2. Desserte de l'exposition.

2.a.      
Desserte par les Tramways Bruxellois.


En vue de la desserte de l’exposition internationale, les Tramways Bruxellois passent commande auprès des Ateliers Métallurgiques de Nivelles (AMN) et des usines de Braine le Comte afin de recevoir 41 motrices électriques supplémentaires. Les 20 motrices livrées par les AMN sont numérotées de 651 à 670, tandis que les 21 provenant des usines de Braine le Comte se voient attribuer les numéros 671 à 691.

Les Tramways Bruxellois avaient obtenu la concession d’une nouvelle ligne de tramway à  traction électrique, entre l'Impasse du Parc et la rue Gérard (Exposition), d'une part; le Rond-Point de la rue de la Loi, les casernes d'Etterbeek et le Bois de la Cambre, d'autre part.

Le cahier des charges y mentionnait :
« La traction se fera par moteur électrique en utilisant:

a) le système par caniveau souterrain contenant les conducteurs de contact sur la section comprenant l'impasse du Parc jusqu'à la rue Belliard, par la rue de la Loi, le Rond-Point, l'avenue d'Auderghem jusqu'à l'intersection de la rue Belliard, d'une part, l'avenue de Cortenbergh et l'avenue de la Renaissance, d'autre part;
b) Sur la section partant de la rue Belliard et comprenant l'avenue d'Auderghem, la chaussée de Tervueren, le boulevard Militaire, la Petite-Suisse et l'avenue du Bois, jusqu'à proximité de l'avenue Louise, il sera fait usage du système à traction par conducteur aérien avec retour du courant par le rail. »


Suite à divers problèmes techniques liés à la mise en place de la traction par caniveau souterrain, les Tramways Bruxellois ne sont pas en mesure d’inaugurer la nouvelle ligne susmentionnée ainsi que le service intensif reliant les différentes gares de la capitale au Cinquantenaire avant le 28 mai 1897, soit une quinzaine de jours après l’ouverture de l’exposition.
Photo issue du fascicule « Tramways Urbains », 1930

Outre la ligne régulière reliant l’Impasse du Parc au Rond-Point de la rue de la Loi (prolongée depuis le rond-point jusqu’à une gare de tramway située à l’intérieur du parc du Cinquantenaire), les Tramways Bruxellois mettent également en place deux services spéciaux « Gare du Nord – Exposition » et « Gare du Midi – Exposition », qui empruntent la ligne des boulevards circulaires du haut de la Ville jusqu’au carrefour « Arts-Loi », où ces deux lignes se raccordent sur la ligne reliant l’Impasse du Parc au Rond-Point de la rue de la Loi, qu’ils empruntent jusqu’à la gare des tramways de l’exposition. On notera que le système de traction, pour l’embranchement reliant cette gare des tramways au Rond-Point de la rue de la Loi, se faisait par câble aérien.
Billet de tramway délivré sur la ligne «Gare du Nord – Exposition » - © Coll. A. Pastiels


Billet de tramway délivré sur la ligne «Gare du Midi – Exposition » - © Coll. A. Pastiels


Billet de tramway délivré sur la ligne «Impasse du Parc – Exposition » - © Coll. A. Pastiels


Les Tramways Bruxellois transforment également une de leurs anciennes voitures hippomobiles construite en 1878 aux Ateliers Métallurgiques de Nivelles, afin de la convertir en « voiture-salon ». Ces voitures comportaient quatre grands fauteuils de 4 places se faisant vis-à-vis, soit 16 places assises, ainsi que 11 places debout sur chacune des plates-formes (ce qui donnait une capacité totale de 38 voyageurs).
Plan d’une « voiture-salon » des Tramways Bruxellois, © Coll. Mupdofer

2b.     
Desserte par la Société anonyme du Chemin de fer à Voie Etroite de Bruxelles à Ixelles-Boendael.

Les Tramways Bruxellois n’avaient pas été les seuls à obtenir concession d’une nouvelle ligne de tramway à traction électrique. La Société anonyme du Chemin de Fer à Voie étroite de Bruxelles-Ixelles-Boendael, s’était vue, de son côté, attribuer deux nouvelles lignes « Treurenberg – Tervueren » et « Saint-Josse – Tervueren ». Ces deux lignes, inaugurées le 8 mai 1897 afin de desservir l’annexe coloniale de Tervueren, se rejoignent au square Marguerite, empruntent la rue Le Corrège, l’avenue de la Renaissance, l’avenue des Germains, le Cinquantenaire, pour ensuite emprunter la toute nouvelle avenue de Tervueren jusqu’à Tervueren, où le terminus se fait dans une gare pour tramways. La prise de courant se fait, sur l’entièreté du parcours, par câble aérien.

La desserte du site du Cinquantenaire se fait, quant à elle, via les lignes régulières « Treurenberg – Parc du Cinquantenaire » et « Porte de Namur – Parc du Cinquantenaire ».
Grille tarifaire de la ligne « Treurenberg – Tervueren », valable de 1897 jusqu’à la fin de la première guerre mondiale.


Comme les Tramways Bruxellois, la Société anonyme du Chemin de Fer à Voie étroite de Bruxelles-Ixelles-Boendael  a également besoin de nouvelles motrices pour assurer la desserte de ses nouvelles lignes. Elle passe donc commande, en 1896, pour 70 nouvelles motrices aux Ateliers métallurgiques de Nivelles, numérotées de 200 à 227 et de 231 à 270. La caisse de ces voitures mesurait à peu près 6.50 mètres, et était terminée par deux plates-formes d’environ 1 mètre. Chaque voiture était divisée en deux compartiments, identiques, de 10 places assises chacun, et chaque plate-forme offrait 8 places debout. La capacité d’une voiture était donc de 36 places. Le compartiment de première classe était pourvu de coussins mobiles de velours rouge.

Billet de tramway délivré sur la ligne « Treurenberg – Tervueren », lors de l’Exposition internationale de 1897 © A. Pastiels


A la fin de l’année 1896, la Société anonyme du Chemin de fer à Voie Etroite de Bruxelles à Ixelles-Boendael passe une seconde commande aux Ateliers Métallurgiques de Nivelles, pas pour des motrices, mais pour des wagons-bar. Ces voitures de première classe, luxueusement aménagées et pourvues d’une unique plate-forme, sont numérotés de 401 à 410, et circulent principalement sur la ligne « Treurenberg-Tervueren ».  On peut y déguster du porto et du champagne (à raison de 0.60 francs le verre) ou de la bière (pour 15 centimes seulement). Le bar est tenu par un garçon en tenue impeccable, qui distribue aussi des jeux de cartes aux voyageurs, de manière à les occuper durant pour la durée du parcours (environ une heure).
La motrice 269 et le wagon-bar 401, à la gare des Tramways de Tervueren.

O
n notera qu’en plus de la nouvelle ligne de tramway, la Société anonyme du Chemin de fer à Voie Etroite de Bruxelles à Ixelles-Boendael avait également du faire construire une nouvelle remise pour son matériel roulant et une centrale électrique pour l'alimentation de ses lignes. Le dépôt de Woluwe était né…
Le dépôt de Woluwe en 1897 : à gauche, les remises, desservies par une unique voie d’accès. Au centre droit, on devine l’usine électrique, cachée derrière son imposante cheminée. A droite, le bâtiment administratif.


Voilà terminé ce gros chapitre qu'est celui de la desserte de l'exposition internationale de 1897. Suivront deux articles: le premier relatif au site du Cinquantenaire, le second relatif à l'annexe de Tervueren et à sa galerie des transports.

Bon dimanche,

Callisto