samedi 16 janvier 2021

Projet de gare vicinale dans les Halles Centrales, 1890 ^^

L'ancienne presse belge numérisée regorge de détails parfois oubliés des historiens traminots, vu que ces "petites histoires" ne sont pas relatées dans les rapports annuels des sociétés de transport concernées. 

Aujourd'hui, partons à la découverte du projet de gare vicinale à établir dans les Halles Centrales



La première mention de ce projet se trouve dans le rapport de l'année 1887 des Tramways Bruxelles. Le projet est décrit en ces termes:
Nous avons passé en 1887 une convention avec la Société qui exploite les lignes vicinales de Bruxelles-Schepdael, Bruxelles-Lennik (Enghien) et Bruxelles-Humbeek.

Cette convention aura pour effet de permettre à la société exploitante d'établir les départs de ses trains aux Halles centrales, en faisant usage de notre ligne Laeken-Anderlecht, tout en sauvegardant convenablement les intérêts et les droits de notre Société.

Un service mixte, avec changement de voitures au pont du Canal à Anderlecht, fonctionne entre les Halles et Lennick.


La presse en parle aussi, notamment dans cet extrait du "Journal de Bruxelles" du 5 mars 1888:
La Compagnie des Chemins de fer Vicinaux demande l'autorisation de pénétrer avec ses trains complets sur le territoire de la Ville de Bruxelles.
Son projet consiste nda sla création près des Halles Centrales d'un raccordement des trois lignes de la chaussée de Mons, de la chaussée de Ninove et de Laeken.
On ne croit pas que la ville accorde cette demande, et permette à des locomotives de circuler dans des rues aussi fréquentées que les rues d'Anderlecht, des Chartreux ou de Laeken.
Dans l'hypothèse de ce refus, la Compagnie s'entendra avec la Société des Tramways Bruxellois pour que celle-ci organise un service régulier de voitures, correspondant avec les arrivées des trains vicinaux et pouvant transporter, sans autre arrêt que le temps nécessaire pour le changement, les voyageurs de ces trains dans le centre de la Ville.



Le projet est relancé deux ans plus tard, comme l'atteste cet extrait du "Journal de Bruxelles" du 5 mai 1890 intitulé "Les chemins de fer vicinaux des environs de Bruxelles":


Le réseau vicinal aboutissant à Bruxelles se compose en ce moment de 4 lignes en exploitation: celles de Schepdael, Enghien, Humbeek et Boendael, et de 3 lignes en construction ou à l'étude: celles de Sterrebeek, la Petite Espinette et Haecht.

Bruxelles a participé à la formation des capitaux nécessaires à la construction de toutes ces lignes, et cette participation a été justifiée par les avantages que la ville espérait, avec raison d'ailleurs, de retirer de l'existence de ces voies ferrées.

Mais, pour que la ville de Bruxelles retire de leur création l'intérêt qu'elle s'en promettait, il est évident qu'il importe qu'elles viennent aboutir à Bruxelles et non dans les faubourgs.

Or, à de nombreuses reprises, on a demandé avec insistance que les lignes en question aient leur terminus sur le territoire de la ville de Bruxelles. C'est en vain. La ville oppose l'inertie ou la mauvaise volonté la plus complète à tous les efforts qui sont faits dans ce sens par certains conseillers communaux et par la société nationale des Chemins de fer vicinaux. Et cela parce qu'elle ne veut pas surcharger la voirie de rails et qu'elle ne veut surtout pas de locomotives dans ses rues.

Récemment, il a été question d'obtenir un raccordement entre le Midi et Ixelles, par ses nombreuses rues, d'ailleurs peu fréquentées. Saint-Gilles et Ixelles ne demandaient pas mieux, mais il fallait traverser l'avenue Louise. Une requête fut adressée à la ville à cet effet, elle fut accueillie avec épouvante. L'idée de traverser l'avenue Louise parut dangereuse, subversive. Et la combinaison, très importante et très avantageuse au point de vue de la jonction des lignes, échoua.

Pour les 3 lignes de Schepdael, Enghien et Humbeek, une disposition fort ingénieuse avait été imaginée. La ligne d'Enghien aboutit à la chaussée de Mons, celle de Humbeek aux ponts de laeken, c'est à dire aux deux extrémités de la ligne Laeken-Anderlecht des Tramways Bruxellois. Il s'agissait tout simplement d'emprunter cette ligne et, pour éviter la rue d'Anderlecht, peut être un peu étroite, on faisait un crochet par le boulevard de l'Abattoir et la rue de la Senne. La ligne de Schepdael, qui aboutit à la place de Ninove, était raccordée rue de la Senne et les 3 lignes avaient leur point central aux Halles.

Les Tramways Bruxellois étaient enchantés de la combinaison et offraient de mettre, à leurs frais, la ligne Laeken-Anderlecht, qui est isolée dans leur réseau, à l'écartement des voies vicinales.
Nous nous demandons même comment on n'a pas songé à faire de l'un des pavillons des Halles une sorte de gare centrale des lignes vicinales, étant donné que l'inutilité de cette construction est aujourd'hui démontrée.

Le raccordement par la ligne de Laeken-Anderlecht, qui aurait eu pour résultat d'amener au centre de la ville un mouvement considérable, qui réaliserait dans les conditions technologiques les plus favorables la jonction des lignes du réseau bruxellois, qui n'empruntait que des rues larges, était appuyée par le gouvernement, a été rejeté par la ville de Bruxelles à cause de la traction mécanique!

De sorte que la ligne d'Enghien continue à se promener par les rues d'Anderlecht et de Cureghem et, par de capricieux détours, à aboutir près de la gare du Midi, et la ligne de Schepdael à dessiner sur la place de Ninove ses arabesques compliquées.

Quant à la ligne de Humbeek, ses destins sont encore dans les limbes.
D'un côté, la commune de Laeken prétend obliger la société des chemins de fer vicinaux à prolonger la lignes par les terrains de Tour et Taxis, tandis que la société, sceptique sur ce point, propose de prolonger la ligne par l'Allée Verte et le boulevard de la Senne jusqu'aux Augustins, ce que Bruxelles refuse net, naturellement.


Ce projet n'a finalement jamais vu le jour. Les lignes de Ninove et de Humbeek restèrent ainsi isolées jusqu'en 1910 et celle d'Enghien jusqu'en 1915.

samedi 9 janvier 2021

L'Europe en anciennes cartes postales: L'avenue Louise et le Bois de la Cambre ^^

Je vous propose un petit voyage insolite à Bruxelles, illustré par d'anciennes cartes postales de la Belle Epoque récupérées en brocante. Nous longerons l'avenue Louise afin d'atteindre le bois de la Cambre, avec son ravin, son chalet Robinson et sa laiterie.

Bonne vision!



Cette carte a voyagé le 23 septembre 1903






L'abbaye de la Cambre


L'entrée  du Bois de la Cambre. Cette carte a voyagé le 20 mai 1900


Cette carte a voyagé le 31 juillet 1908


Cette carte a voyagé le 31 octobre 1909


Le Châlet Robinson. Cette carte a voyagé le 15 septembre 1904


Cette carte a voyagé le 19 novembre 1904


Le ravin. Cette carte a voyagé le 29 juillet 1902

vendredi 1 janvier 2021

Bonne année 2021 ^^

Avec le blog, je vous souhaite tout plein de belles choses à l'occasion de cette nouvelle année 2021!

Je vous ai retrouvé d'anciennes cartes postales "de voeux", j'en profite pour les partager avec vous ;-)

A bientôt,

C.





















vendredi 25 décembre 2020

Joyeux Noël 2020 ^^

Avec le blog, nous vous souhaitons une très joyeuse fête de Noël 2020.

A bientôt,

Callisto




samedi 19 décembre 2020

Un tram nommé Bruxelles ^^


Aujourd'hui, j'ai envie vous présenter une vidéo qui m'a émue. Il s'agit d'un mini film d'une dizaine de minute, intitulé "Un Tram nommé Bruxelles" et qui a été réalisé en 1979 dans le cadre du millénaire de la Ville de Bruxelles.

Un tram "Chocolat" rencontre Henri, un wattman fantôme, et ils repartent ensemble découvrir la ville.

Pour les besoins du film, le tram a été tracté à de nombreux endroits (on peut même parfois apercevoir la barre d'attelage) et a même été mis sur une remorque afin de circuler Rond-Point Schuman.

Vous pouvez trouver la vidéo via ce lien => http://www.dailymotion.com/video/x1po7c_un-tram-nomme-bruxelles_news

Bonne vision,

Callisto 

samedi 12 décembre 2020

Des épingles à chapeau et des tramways, 1908-1913 ^^

Nous avions déjà abordé les épingles à chapeau dans un précédent article. Revenons-y un instant...

L’épingle à chapeau est un accessoire courant à la Belle Époque. Il s’agit d’une tige pouvant atteindre 20 centimètre de longueur, fermée d’un côté par une tête d’épingle décorée, et servant à réunir physiquement le chapeau aux cheveux de la personne qui le porte. 

mon épingle à chapeau ^^


Si à priori ces épingles à cheveux semblent être des objets anodins, elles font quand même l’objet de lois et de règlements. Notamment aux Etats-Unis, où une loi de 1908 en limite la taille (de peur que les suffragettes ne les utilisent comme des armes blanches) et à Nantes, où un arrêté municipal de 1910 oblige les femmes à mettre un embout à leurs épingles à chapeaux, afin de ne blesser personne et de ne pas causer d’accident dans les transports en commun. Cet arrêté municipal prévoyait que les contrevenantes se verraient verbalisées.


Examinons maintenant plus en détail la situation en Belgique au travers de quelques anciens documents et coupures de presse.
Voici comment est relaté le tout premier incident, dans "L'Indépendance Belge", qui, dans son édition du 1er juillet 1909, met en garde ses lecteurs en ces termes: 
"Les femmes deviennent tout à fait dangereuses, par le temps et les modes qui courent, du fait de leurs épingles à chapeau. On les porte, cette année, très longues, les pointes à l'air. Un jeune homme de Budapest, se trouvait dans un tramway à côté d'une jolie femme. Il tourne la tête, mais le malheur s'abat sur lui et le jeune homme reçut en plein dans l'oeil l'épingle à chapeau. Il a perdu son oeil." 


Avant cela, il est également question, en 1908, d'une dame qui, aux Etats-Unis, s'est servie de son épingle à chapeau pour se défendre lors d'une agression, mais la situation n'est pas tout à fait comparable.


Un an plus tard, un autre incident "non-comparable" est relaté par le journal "Le Soir", dans son édition du 4 juillet 1910:

"Une jeune femme de Herne Bay (Kent, Angleterre) a été tuée par la foudre au cours du grand orage d'hier. On a constaté que le fluide électrique avait été attiré par la pointe de l'épingle à chapeau de la victime."


Pour en revenir à nos tramways, divers incidents sont relatés, notamment à Hanovre, Moscou, Lille, Chicago, Berlin, Paris, Zurich, et plus près de chez nous, à Charleroi. On peut ainsi lire, dans "L'avenir du Luxembourg" du 11 décembre 1911 que: 
"A la suite d'incidents survenus dans les salles de spectacle et sur les voitures de tramways, la direction de la police de la ville de Zurich a interdit aux dames de porter des épingles à chapeau qui dépassent le feutre ou la paille et dont la pointe n'est pas munie de petit appareils protecteurs. Les épingles meurtrières seront confisquées et leurs propriétaires condamnés à une amende de 15 francs."

"Les épingles meurtrières"... tout un programme, d'autant plus que les anciennes coupures de presse ne relaient, jusque là du moins, aucun décès. On parle de blessures, d'éraflures, d'yeux crevés,  dont notamment un en Belgique, que relate cet extrait du journal "Le Soir" du 26 avril 1910: 
"L'autre jour, sur la plate forme d'un tram, un monsieur a eu l'oeil crevé par une épingle à chapeau. La flèche lui est entrée sous l'oeil, faisant une blessure affreuse. Le pauvre homme s'est évanoui. La dame auteure de cet attentat s'est éloignée en souriant de la maladresse du promeneur. Nous prions notre nouveau bourgmestre, Monsieur Max, de faire moucheter ces dards effrayants."

On notera que
l'état prussien interdit l'accès aux trains aux dames dont les épingles à chapeau ne sont pas munies de protège-pointes dès 1911. C'est donc une mesure qui touche tous les moyens de transports en commun et pas seulement les tramways.



Il faut attendre 1912 pour que soit relaté le premier décès indirectement du à une épingle à chapeau. Dans le "Journal de Charleroi" du 11 mai 1912, nous lisons que: 

"Une enquête a été faite par le juge de Stockport (au sud de Manchester) sur la mort par empoisonnement du sang d'une jeune femme dont le nez avait été piqué par l'épingle du chapeau d'une autre dame. le juge exprima le voeu de voir les dames protéger la pointe des épingles par un petit bouclier et suggéra le vote d'une législation sévère dans le genre de celles qui ont été édictées à Hambourg et en Amérique".


Quelques mois plus tôt, un autre empoisonnement du à une blessure causée par une épingle à chapeau avait, quant à elle, mené à une amputation, comme nous l'apprend le "Journal de Bruxelles" du 30 aout 1912: 

"Un contrôleur des tramways de Berlin a dernièrement été blessé au poignet par une de ces redoutables épingles à chapeau. Un empoisonnement du sang s'en est suivi et le membre a du être amputé. Le préfet de police vient, en conséquence, d'engager les compagnies de tramway à se montrer extrêmement sévères et à refuser impitoyablement l'accès des voitures aux dames dont la coiffure se hérisse de ces pointes meurtrières."


La presse insiste et conseille même les hommes politiques qui la lisent, comme en témoigne cet extrait du "Vingtième Siècle" du 7 novembre 1912:

"Nous signalons une mesure qui a été prise dans une ville étrangère et que l'on pourrait peut-être imiter ici. Les conducteurs de tramways y sont munis de protège-pointes à délivrer moyennant un léger supplément aux voyageuses qui en sont dépourvues. On ne trouve pas cela si ridicule."



Le monde politique finit par réagir à la "menace" que représentent ces épingles. On lit ainsi, dans le "Journal de Charleroi" du 2 décembre 1912 que: 

"Hier matin, des affichettes jaunes ont été apposées dans tous les trams d'Anvers. Elles portent: "Conformément aux instructions du Collège des Bourgmestre et Echevins et aux dispositions de l'article 13 de l'arrêté royal du 2 décembre 1902, l'accès aux voitures est interdit aux personnes dont les épingles à chapeau sont dépourvues du couvre-pointe."


La réaction des lecteurs est immédiate. Ainsi, trois jours plus tard, le "Journal de Bruxelles" du 5 décembre 1912 publie le billet suivant, reçu d'une lectrice: 
"Que l'on interdise l'accès des voitures de tramway aux dames dont les épingles à chapeau ne sont pas garnies de protège-pointe, soit. Mais alors, qu'on prenne aussi des mesures contre les messieurs qui, ayant pris place sur la plate forme des tramways, font courir danger de brûlure au visage de leurs voisins et des personnes qui ont a passer par la plateforme des tramways, en tenant au bec un énorme cigare incandescent fiché au bout d'un interminable fume-cigare". 
Le journaliste ajoute: "Il est de fait que c'est presque aussi dangereux que les épingles à chapeau."



La mesure prise par la ville d'Anvers fait (un court) débat au conseil communal de Bruxelles en décembre 1912. Le bourgmestre ne souhaite pas prendre un décision unilatérale, et préfère se concerter avec ses collègues des faubourgs.


Les bourgmestres de l'agglomération bruxelloises s'entendent début janvier. Le Vingtième Siècle du 5 janvier 1913 publie l'avis suivant:
Le Bourgmestre de Saint-Josse-Ten-Noode vient de faire afficher l'avis suivant sur les murs de sa commune:
POLICE DES TRAMWAYS
Pour répondre à de nombreuses réclamations, le Bourgmestre signale à l'attention du public l'article 13 de l'arrêté royal du 2 décembre 1902 sur la police des tramways, interdisant de monter dans les voitures avec des objets dangereux.
Parmi ceux-ci, il faut ranger les épingles à chapeaux dont les pointes peuvent blesser les voyageurs.
Les dames qui emploient ce dangereux article de toilette, sans user d'un couvre pointe, s'exposent à des poursuites judiciaires.

Le même avis est pris à Molenbeek le 15 janvier, à Schaerbeek le 18  et à Saint-Gilles le 20 janvier. Le même jour, l'avis interdisant de voyager "épingles non couvertes" est émis par les tramways Bruxellois.





Le 24 janvier 1913, les Tramways Bruxellois adressent le courrier suivant au Bourgmestre de Saint-Gilles:
"Nous avons l'honneur de vous faire savoir que des affichettes annonçant au public les arrêtés pris par les Bourgmestres de l'agglomération bruxelloise, au sujet du port des épingles à cheveux dans les tramways, ont été placées dans toutes les voitures de la Compagnie depuis le 23 janvier."


La Société Générale de Chemins de fer Economiques réagit également, et adresse au Bourgmestre de Saint-Gilles le courrier suivant, daté du 27 janvier 1913:
"Nous avons l'honneur de vous faire connaitre que notre personnel a reçu des instructions, en vue de veiller à la disparition des abus signalés au sujet des épingles à chapeaux pouvant blesser les voyageurs. Nous comptons que, de votre côté, vous donnerez des instructions à votre police, afin que, à partir de la prochaine mise en exploitation de notre ligne Bourse - Place Van Meenen, elle puisse aider nos agents à faire respecter, le cas échéant, l'application du règlement de police des tramways, dans le sens indiqué ci-dessus."


Le bourgmestre donne, en effet, des instructions à sa police, qui fait le rapport suivant en date du 28 janvier 1913: 
"Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance que nous avons constaté qu'à quelques rares exceptions, toutes les voitures des Tramways Bruxellois sont pourvus d'avis concernant les protèges-pointes pour les épingles à chapeau des dames. Par contre, dans les voitures du tramway de l'Espinette, il n'y a aucun avis et le personnel de la Société Nationale des chemins de fer vicinaux ignore la décision prise par le bourgmestre."


La Société Nationale des chemins de fer vicinaux va visiblement être rappelée rapidement à l'ordre, vu qu'elle émet l'avis suivant le 1er février 1913:
Ligne de la Petite Espinette.
AVIS
MM. les Bourgmestre de l'agglomération bruxelloise ont décidé que les épingles à chapeau non-munies de protège-pointe, devaient être rangées parmi les objets dangereux visés par l'article 11 §12 de l'arrêté royal du 12 février 1893 qui en défend l'introduction dans les voitures.
La direction prie les voyageurs de se conformer à cette décision.


La police de Saint-Gilles n'en reste pas là et poursuit ses investigations, comme en témoigne ce rapport du 6 février 1913:
Nous avons l'honneur de vous faire connaitre que, suite à la mission que vous nous avez confiée et relative au port des épingles à chapeaux sur les tramways, environ 70% des dames sont déjà en possession des couvre-pointes.

Les communications de l'arrêté de Monsieur le Bourgmestre, sauf de très rares exceptions, sont bien reçue des intéressées.

Toutes les voitures des tramways Bruxellois contient un avis dans le sens de l'arrêté précité. Beaucoup de receveurs de cette compagnie font déjà observer cette défense, d'autres n'y tiennent aucun compte.

En ce qui concerne les tramways de la Petite Espinette, aucun avis n'est encore affiché dans leurs voitures et les receveurs n'ont reçu aucune instruction dans le sens indiqué plus haut.

Pour terminer, nous nous permettons de vous faire remarquer que, le dimanche surtout, on éprouvera encore quelque difficulté pour l'application de l'arrêté, beaucoup de servantes l'ignorant encore.


Tant d'agitation pour pas grand-chose, somme toute. Nous laisserons le mot de la fin à ce lecteur du journal "Le Soir", dont le courrier y est publié le 27 mars 1913. On notera que ce billet est le dernier qui mentionne, dans l'ancienne presse belge, la problématique des épingles à chapeau "meurtrières".
La sage mesure prise au sujet du port des épingles à chapeau dans les tramways a produit un excellent résultat chacun a pu le constater. Il a été obtenu en partie par la bonne volonté des dames, mais surtout par le zèle qu'ont mis les receveurs à faire respecter le nouveau règlement.

Ce beau succès pourrait-il les engager à montrer le même zèle pour faire respecter un autre règlement, de date plus ancienne, interdisant de cracher dans les voitures, comme se permettent encore de le faire certains gentlemen, en dépit de toutes convenances et sans souci de la salubrité publique.

Par la même occasion, on pourrait aussi engager une autre catégorie de beaux messieurs à ne pas monter en voiture en tenant leur canne ou leur parapluie sous le bras, au risque d'éborgner les personnes qui les suivent.


Je tiens à préciser que j'ai retranscrit l'intégralité des articles de presse que j'ai retrouvé qui relataient des blessures, des yeux percés ou des décès. Donc, faute de statistiques sur le nombre exact d'accidents réels, j'en déduis que la probabilité de mourir, voir d'être blessé, par une épingle à chapeau était quand même infime, voir quasi nul. Cet article illustre donc la toute la différence entre le risque réel et le risque perçu.

Bon weekend et à bientôt,

Callisto

vendredi 4 décembre 2020

L'Europe en anciennes cartes postales: Echternach, Luxembourg et Vianden ^^

Notre tour de l'Europe en anciennes cartes postales nous fait faire une halte au Luxembourg, où nous découvrirons les villes d'Echternach, de Luxembourg et de Vianden. Bonne vision ^^

Echternach, vue prise de l'Ernzerberg


Echternach - Panorama


Echternach - le pavillon dans le parc


Echternach, la Basilique


Luxembourg, vue prise des remparts


Luxembourg, l'autel de la cathédrale


Luxembourg, la place de la gare


Luxembourg, le pont Adolphe


Vianden, la chapelle du Bildchen


Vianden, vue générale


Vianden, les ruines du château

jeudi 26 novembre 2020

Encore quelques anciens billets de tram... ^^

Voici une petite dizaine d'anciens billets de tram, ayant pour la plupart voyagé entre 1890 et 1910.

* La première série comporte 4 billets ayant voyagé entre 1890 et 1895:



Ligne des Boulevards circulaires du haut de la Ville


Ligne du Chemin de fer à voie étroite Bruxelles-Ixelles-Boendael
reliant la Porte de Namur à Boisfort


Ligne "Schaerbeek - Bois"


Ligne reliant Laeken à la Gare du Midi


Ce billet-ci a voyagé sur la ligne reliant Uccle à la place communale de Jette.




Je vous propose ensuite un billet quelque peu différent vu qu'il n'a pas voyagé sur le réseau des Tramways Bruxellois, mais sur l'une des lignes de la société des chemins de fer vicinaux, qui reliait la gare du Nord à lieu-dit "Gros Tilleul" (voir carte postale ci-dessous). Le Gros Tilleul en question a du être abattu en 1909, malgré les très nombreux soins que lui avaient fait prodigué Léopold II.







Pour finir, voici trois billets qui ont voyagé sur la ligne "Treurenberg - Tervueren". Les deux premiers billets sont plus anciens (bien qu'ils n'aient pu être délivrés qu'après la reprise de la ligne par les Tramways Bruxellois en 1899), tandis que le second a été imprimé en 1908.






Bonne soirée et à bientôt,

Callisto

mercredi 18 novembre 2020

"La Mode Illustrée", 18 novembre 1877 ^^

Voici quelques scans issus du magazine français "La Mode Illustrée" paru en date du 18 novembre 1877. Vous y trouverez des gravures de mode féminine (notamment des robes et des corsages), divers modèles pour enfants, ainsi que des chapeaux.

Bonne lecture!