samedi 21 février 2026

"La vie avant 1914", par Omer Dusausoy (1877-1956) - partie 3/4

La semaine anglaise, 1910

A l'occasion de l’Exposition de 1910, la gérance accorda congé le samedi à 13 heures, pendant toute la durée de l’Exposition, c’est-à-dire de fin avril à novembre.
De plus, elle offrit un abonnement gratuit à chaque employé et à son épouse.

Je n’ai pas manqué d’y aller chaque samedi. J’ai visité les stands dans tous leurs coins et recoins, et me suis assis ensuite dans les jardins qui étaient beaux et reposant, notamment ceux de France et de Hollande, mais ils ne donnaient pas cette allure champêtre du Heysel en 1935. 

Le personnel s’était accoutumé très facilement à ce congé, non pour visiter l’Exposition, mais pour rester at home ou s’adonner à d’autres distractions. Ils appréhendaient donc la clôture de l’exposition. Le vœu unanime, c’était de voir prolonger ce régime.

Le Service du Personnel n’existait pas, ni en grand ni en petit. Il a seulement été créé en 1924-1925.

Grâce à l’initiative d’un membre du personnel, la semaine anglaise fut définitivement adoptée à la grande satisfaction du personnel tout entier, il y a de cela 45 ans.


La vie chère, 1911

L’année 1911 a été chaude et sèche. La récolte des produits agricoles a été déficitaire. Sur les marchés publics, les ménagères renversèrent les paniers de beurre et d’œufs. Les fermières n’y étaient certainement pas pour rien. Elles vendaient directement aux consommateurs. Les céréales fourragères étaient rares et chères. L’eau manquait même à la ferme.
Pour la 1re fois, on entendit les mots « vie chère ».

Cette révolte pacifique ne fut que passagère. Il était resté cependant une légère empreinte de hausse qui ne s’atténua plus, alors que depuis 20 ans la tendance était constamment à la baisse.

Le traitement du personnel était payé à cette époque le dernier jour du mois en cours. Le 31 janvier 1912, le caissier paya au personnel, en guise de vie chère, une augmentation spéciale et supplémentaire de 15 francs par mois. C’est-à-dire, pour l’époque, une somme équivalent à 10 livres de beurre ou 10 livres de rôti de bœuf 1er choix. Les deux articles étaient à maximum 1,50 francs la livre. Ce fut une véritable aubaine !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.