mardi 28 mars 2017

Henri Ott, comptable de la société Dyle et Bacalan de 1885 à 1929 ^^

Je vous propose aujourd'hui de retracer le parcours de Monsieur Henri Ott, le chef du service de la comptabilité des établissements "Dyle et Bacalan" de Louvain, en Belgique. 

Henri Ott est né le 28 janvier 1858 à Altkirck dans le Haut-Rhin, en Alsace (France). Il est condamné par les Allemands pour crime de lèse-nation le 21 octobre 1872 et pour insoumission à deux reprises, les 9 juillet 1878 et 21 décembre 1878. Ces condamnations découlent probablement de l'annexion de l'Alsace-Lorraine par les Allemands, suite à la guerre Franco-Prussienne de 1870-1871.

Il quitte l'Alsace pour Paris, où on le retrouve en 1881. Il travaille pour la Maison A. Marre, 3 rue Française, qui vend des rubans, des soieries et des dentelles. Il y reste jusqu'en octobre 1885. Le 1er novembre de la même année, il rentre comme comptable à la société Dyle et Bacalan. Il devient chef de service le 1er novembre 1888 et agent comptable le 1er avril 1902. Il a probablement du être engagé par le siège social de l'avenue Matignon, à Paris, et non par les ateliers de Louvain.
 
Publicité "Dyle & Bacalan" de 1914

Il se marie avec Marie Marguerite Goovaerts. Leur fille Marguerite Louise nait en 1909, mais décède malheureusement à l'âge de 2 ans.

Henri, son épouse Marie Marguerite et leur fille Louise Marguerite. - (c) Coll. M. Ott


Bien que probablement engagé au siège social de Paris, en France, il déménage pour Louvain, en Belgique, comme l'atteste son inscription au registre de la population.



Il participe au repas de la Saint Eloi de décembre 1911 organisé par son employeur. Vu le menu, il devait probablement d'agir d'une réception destinée aux cadres de la Société. On retrouve son portrait sur la première rangée, en haut, le second à partir de la gauche.



La famille s'agrandit en 1912, avec la naissance d'Henri.

Henri Ott (fils) - (c) Coll. M. Ott

Eté 1914, les Allemands sont sur le pied de guerre. La Société Dyle et Bacalan donne les instructions nécessaires, en cas de l'absence de son directeur, Monsieur Lambert, mais aussi au cas où la ville de Louvain (et donc les bâtiments de l'entreprise) tomberaient aux mains des troupes allemandes. Comme Henri est de nationalité française, il lui est conseillé de quitter la ville par les voies les plus rapides, en emportant avec lui les fonds de la Société.

 


Il s'enfuit le 18 août 1914 mais revient à Louvain deux jours plus tard, accompagné de Monsieur Gaucet (le directeur de la Société des Corps Creux, rachetée en 1902 par Dyle et Bacalan) afin de payer les ouvriers.  Le 19 août, les troupes belges quittent la ville. Le 20 aout, jour du retour de Messieurs Ott et Gaucet, les Allemands entrent dans Louvain. Les Allemands les découvrent dans une cave, où ils s'étaient réfugiés et les font prisonniers.

Le 29 aout, les Allemands mettent le feu à la ville et interdisent à quiconque d'éteindre les incendies. La ville se consume pendant plusieurs jours et la maison d'Henri, sise boulevard de Diest 6, est entièrement détruite.

Henri est mis sous la surveillance de la Haute-Police allemande en avril 1915, suite à une dénonciation anonyme qui le présente comme un espion. La surveillance de la police consiste en des visites domiciliaires à toute heure du jour et de la nuit. Il lui également interdit de voyager.

En 1919, après l'armistice, il remet en place le service de la comptabilité de la société Dyle et Bacalan.
Photo de groupe du comité de direction de la société Dyle et Bacalan
Henri Ott se trouve au centre, derrière la table - (c) Coll. M. Ott

Henri est décoré en juillet 1914 de la médaille industrielle belge de 1ère classe au titre étranger, et la médaille d'honneur française en février 1924, pour ses services au sein de la société Dyle & Bacalan.






Henri Ott prend sa pension le 31 décembre 1928 et décède le 10 décembre 1930 à  Louvain.

 
Je tiens à remercier Mesdames Marguerite et Liliane Ott, ainsi que Monsieur Alain Delbruyère, pour nos échanges autour de Monsieur Henri Ott. C’est grâce à eux que cet article a pu voir le jour.

Bonne soirée, et à bientôt pour d'autres aventures,

Callisto

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