samedi 7 février 2026

"La vie avant 1914", par Omer Dusausoy (1877-1956) - partie 1/4

Les heures de services, 1900-1911

Au début du siècle, les heures de bureau étaient de 9h à midi, et de 12h45 à 16h45, soit 7 heures de travail chaque jour ouvrable.

Beaucoup d’employés habitaient la province. Ils venaient de Charleroi, Binche, Nivelles, Mons, Soignies, Rebecq, Tubize, Tirlemont ou Louvain, pour ne citer que les communes les plus éloignées. Le changement des heures de service était malaisé.

On ne tarda cependant pas à porter la reprise du travail à 13h, sans changer les autres heures. Cela n’était toujours pas suffisant que pour retourner dîner chez soi. Ce n’est qu’en 1911, à la suite d’une nouvelle requête, que la pause de midi fut prolongée jusque 13h30 en ramenant les heures de travail à 6h et demi au lieu de 7h au début du siècle.

Cela donna une satisfaction relative aux Bruxellois et aux provinciaux, ceux-ci rentrant en général à la même heure à la maison.

 

Les congés annuels -1900-1905

En 1900, le personnel avait 6 jours de congé annuel. Très peu de sociétés les accordaient.


Ce congé pouvait se prendre par demi-jour, par jour ou encore par semaine entière. Simple formalité pour l'obtenir : l'accord du chef de bureau.

Le tourisme était encore peu connu. Le Touring-Club venait de naître. Les chemins de fer commençaient seulement l'organisation de la propagande.

Les quarte cartes suivantes parurent en 1899 :
a) Les bords de l’Amblève ;
b) Les bords de la Meuse et de la Lesse ;
c) Les bords de la Meuse, de la Lesse et de la Semois ;
d) La Meuse de Namur à Givet ;

Ostende et le littoral parut en 1903.
Les bords de l’Ourthe, parut ensuite, sans date.

Les abonnements sur les lignes belges de l’Etat et des autres compagnies (4.650
kilomètres) coutaient 30,75 francs pour 5 jours consécutifs en 1ère classe, 20,50 francs en seconde et 11,75 francs en 3ème classe.
Pour 15 jours consécutifs, il fallait débourser 61,50 francs en 1ère classe, 41 francs en seconde et 23,50 francs en 3ème classe.

Il y avait peu d’autos, et encore moins d'autocars. De plus, peu d'employés voyageaient. Ainsi, les demi-jours et les jours obtenaient ils un succès considérable.

Sous l’impulsion d’une vigoureuse propagande, des Chemins de fer et du Touring-Club, la poussée touristique ne tarda pas à se faire sentir d’année en année. Les trains de plaisir apparaissaient notamment pour le littoral, Binche et l’exposition de Paris.
Des voyages s’organisaient. Les abonnements, surtout ceux de 5 jours, remportaient un véritable succès auprès des jeunes. Les 5 jours de congés annuels rencontraient de plus en plus la faveur du personnel.

En 1905, je pense, une requête habillement rédigée eu un succès complet parmi le personnel. Les uns, le plus nombreux, comptaient obtenir 24 demi-jours, les autres, un congé continu. La gérance y fit un accueil favorable et rapide. Quand l’avis parut, une formidable tuile tomba sur la tête des employés. La gérance, voulant répondre d’une façon tangible à l'argument principal « repos » si bien développé dans la pétition, accorda les 15 jours sous la forme de « 2 semaines à prendre en une seule fois ».

Les employés se regardèrent et discutèrent beaucoup, se demandant s’il fallait accepter. Mais les nuits portent conseil et ils se résignèrent petit à petit au fait accompli. Je suis convaincu que personne aujourd’hui même ne demanderait de revenir à l’ancien régime des demi-jours.

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