Voici un petit article
consacré à mes recherches sur la firme Dürkopp Adler.
Cette firme a été fondée le
22 octobre 1867 par Nicholaus Dürkopp (26/02/1842 – 25/06/1918), un artisan né
à Herford, en Allemagne qui a exercé les professions de forgeron, de serrurier,
d’horloger et de mécanicien avant de fonder son premier « atelier de
couture » en 1860, à Bielefeld, une ville allemande ayant une importante
industrie textile.
Nicholaus se lance avec des
moyens modestes : un tour, une perceuse, une meuleuse… et 4 ouvriers.
Toutes les pièces étaient réalisées à la main. Cela ne l’empêche pas de
connaître un certain succès et de devoir déménager son atelier de fabrication à
plusieurs reprises, avant de construire sa propre usine. Nicholaus dispose
maintenant de suffisamment d’espace que pour installer des machines à vapeur et
réduire le travail réalisé à la main. Il emploie alors 20 ouvriers, et il
se lance dans la production de machines plus spécialisées destinées aux
cordonniers, aux tailleurs ou aux selliers.
Nicholaus va, comme de
nombreux autres entrepreneurs de l’époque, chercher à se diversifier : il
se lance dans les vélos en 1885 et dans les automobiles en 1894. L’entreprise
emploie alors plus de 1650 travailleurs et elle produit également des motos,
des camions de pompier et des autobus.
L’entreprise est introduite
en bourse en 1913 avec un capital de 4.5 millions de Marks. Elle se dénomme
maintenant « Dürknoppwerke AG ».
La production est
restructurée afin de participer à l’effort de guerre : l’usine produit des
véhicules et des vélos pour les militaires, ainsi que des camions destinées au
transport de l’artillerie. Nicholaus Dürkopp célèbre les 50 ans de son
entreprise en 1917, et décède un an plus tard. Son fils Paul lui succède au
sein du conseil d’administration.
![]() |
Vue de l'usine Dürkopp, vers 1920 |
La récession des années 30
entraîne le licenciement de nombreux travailleurs. Les innovations continuent
cependant à se succéder : l’usine produit des photocopieurs ainsi que des
convoyeurs aériens destinés à l’industrie textile et ouvre une filiale à Paris
en 1927.
L'usine participe activement au réarmement de l'Allemagne nazie, en produisant, entre autres, des baïonnettes, des roulements à bille, des
mitrailleuses, des grenades, des canons anti-aériens, des fusils, des canons anti-chars et des détonateurs.
Considérée comme un
« modèle national-socialiste », l’usine se voit adjoindre un camp de
travail (« Bethléem ») lors de la seconde guerre mondiale. Ce camp
abritait 850 femmes ukrainiennes. Les conditions sanitaires y étaient médiocres et la
nourriture mauvaise, mais le point de vue officiel est que les
« travailleuses invitées » bénéficiaient de conditions de vie bien
supérieures à celles qu’elles avaient connues sous le communisme. L’usine est
détruite lors des raids aériens de septembre 1944.
L’usine est reconstruite
après la fin des hostilités et elle produit à nouveau des machines à coudre et
des vélos. L’usine réduit sa production de machines industrielles en 1960 et
arrête complètement de produire des machines à coudre domestiques dès 1961.
En 1990, et après trois ans
de négociations liées à un différend juridique, la société Dürkopp fusionne
avec la société Kochs Adler, l’autre gros fabricant de machines à coudre de la
ville de Bielefeld et devient la société Dürkopp Adler AG. Elle emploie alors 3000
travailleurs.
La société est aujourd’hui
la propriété du groupe chinois SGSB, qui en détient la majorité des actions. 29% du capital appartient à la société Zoje Europe
GmbH, une filiale du groupe chinois Zoje Machine à coudre Co. Ltd. La firme a mis fin à la production de vélos en 2006, et a cédé l'activité de production de roulement à billes à la société Knapp AG.
Dürkopp Adler AG ne propose donc plus que des solutions dans le domaine de la couture
industrielle. Outre l'usine de production à
Bielefeld, en Allemagne, Dürkopp Adler AG possède deux autres sites de
production, le premier à Minerva Boskovice en République tchèque, destiné à la
production des machines, et le second à Sangeorgiu de Mures, en Roumanie, où sont
produites les pièces de rechange. Dürkopp Adler AG dispose aussi du site
de production de son actionnaire principal, SGSB, qui se trouve à Shanghai, en
Chine.
Voici quelques liens intéressants:
* pour le logo de la firme et l'aperçu de quelques machines, c'est ici
* pour un aperçu de quelques véhicules (autos, motos & scooters) produits par cette firme => c'est là
Bonne fin de journée,
Callisto
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.