mardi 11 mars 2025

Tramways de Charleroi: enquête publique relative à la demande de prolongement vers Courcelles, 1er février 1913

Administration Communale de Charleroi

Enquête - TRAMWAYS

Le collège des Bourgmestres et Echevins porte à la connaissance de ses administrés qu'il vient de recevoir les plans profils et le cahier des charges relatifs à la demande de la société anonyme des Tramways Electriques du Pays de Charleroi, de la concession du prolongement du tramway électrique de Charleroi à Couillet (Queue et Centre), à partir de Charleroi, place du Centre jusque Courcelles en passant par la rue du Dauphin, la place du Manège, le boulevard Jacques Bertrand, la rue du Mambourg, la place de la Boucheterre et la rue Pige-au-Croly.

Ces documents, de même que le registre destiné à recevoir les observations, seront déposés à l'inspection du public pendant 15 jours, du 1er février au 17 février 1913, à l'Hôtel de Ville, bureau n°13.

Les observations auxquelles ce projet pourrait donner lieu seront reçues, en outre, par le Collège, le lundi 17 février prochain, à 11 heures du matin. Elles devront autant que possible être formulées par écrit et adressées à l'Administration communale avant le délai de 15 jours fixé ci-dessus.

Fait à l'Hôtel de Ville de Charleroi, le 1er février 1913

Le secrétaire communal, Ch. Allard
Les bourgmestre et échevins, E. Devreux

samedi 8 mars 2025

Tramway de Charleroi, prolongement vers Châtelineau via Montigny, 20 décembre 1912

MINISTERE DES CHEMINS DE FER
ADMINISTRATION DES CHEMINS DE FER
Service des Voies et Travaux

Bruxelles, le 20 décembre 1912,

Monsieur le Ministre de l’Agriculture et des Travaux Publics,

Après examen des considérations invoquées par la société des tramways électriques du Pays de Charleroi dans sa lettre du 15 décembre 1910, je consens à lever mon opposition à l’extension jusqu’à Châtelineau de la ligne de tramway de Charleroi à Montigny sur Sambre, aux conditions suivantes:

1.    La société demanderesse devra s’engager à verser à l’Administration des Chemins de fer de l’Etat, pendant toute la durée de sa concession, une indemnité annuelle équivalente à 5% de la recette brute qui sera réalisée par le tramway de Charleroi à Châtelineau par Montigny sur Sambre, afin d’indemniser ladite Administration de la perte que lui occasionnera le tramway ainsi prolongé.

2.    Les traversées à niveau du chemin de fer de l’Etat, sur les lignes de Charleroi (ville Haute) à Châtelineau et de Châtelineau à Jumet, par le tramway, ne pourront être autorisées qu’à titre provisoire, mon département ayant décidé la suppression radicale des passages à niveau envisagés.

A cet effet, il sera construit des ouvrages d’art sur lesquels passeront les routes à dévier ainsi que la ligne de tramway projetée.

Ces travaux donneront lieu à une dépense évaluée approximativement à 340.000 francs.

La société concessionnaire du tramway interviendra dans la dépense qui sera définitivement établie, à concurrence de la capitalisation à 4% de la somme correspondant aux frais de gardiennage et d’entretien qui devrait être mise à la charge du tramway du chef de la traversée à niveau des voies de l’Etat.
Les traversées à niveau seront supprimées aussitôt que les ouvrages d’art nécessaires seront construits.


Signé: le Ministre


mercredi 5 mars 2025

Hergenrath et l'ancienne frontière du Reich d'Aix la Chapelle ^^

Bienvenue en gare d'Hergenrath. C'est parti pour une randonnée de 10 kilomètres à la découverte de l'ancienne frontière du Reich d'Aix la Chapelle!

 

Voici le "Landgraben". Ce fossé constituait la frontière extérieure du "Reich d'Aix-la-Chapelle" entre le XIIe et XIVe siècle. Il comprenait un talus avec un fossé des deux côtés, et la cime du talus était plantée d'une épaisse haie d'hêtres. Les passages dans la fortification étaient fermés la nuit par des poutres ou des barrières. Les charrettes ne pouvaient franchir ces fossés qu'aux passages prévus à cet effet, ce qui représentait une difficulté pour les voleurs de bois. Ce fossé est encore visible de nos jours à Hergenrath et à Moresnet.



Reconstitution du fossé et de son rempart végétal




 

Au début du XVIIe siècle, le tracé de la frontière du Reich d'Aix la Chapelle fut remanié et marqué par des bornes à aigle. Certaines sont encore visibles le long du fossé frontalier d'Hergenrath.

 



Jadis, construction dissuasive et aujourd'hui, refuge pour les animaux et plantes menacés, la ligne Siegfried ("Westwall" en allemand) subsiste encore entre d'Aix-la-Chapelle et Hergenrath. La ligne de dents de dragon fut principalement érigée dans les années 1938/39. Elle comprenait un petit mur en béton avec du fil de fer barbelé sur l'avant et puis les dents de dragons elles-mêmes. Les obstacles en béton armé devaient empêcher le passage des véhicules et des chars.

 



 

A bientôt pour d'autres aventures!

samedi 1 mars 2025

Tramway de Charleroi, demande de prolongement vers Courcelles, 10 décembre 1912

Tramways Electriques du Pays de Charleroi et Extensions,
Société anonyme

Tramway de Charleroi à Couillet (Queue) avec embranchement vers Couillet (Centre).
Prolongement de Charleroi à Courcelles.

Bruxelles, le 10 décembre 1912,

Projet de cahier des charges.
La concession du prolongement sera soumise aux clauses et conditions du cahier des charges relatif à la concession du tramway électrique de Charleroi à Couillet (Queue) avec embranchement vers Couillet (Centre) arrêté à Bruxelles, le 14 mars 1911, par le Ministre de l'Agriculture et des Travaux Publics, sous réserve des modifications suivantes:
L'entreprise a pour objet la concession, l'entretien et l'exploitation du prolongement du tramway électrique de Charleroi à Couillet (Centre et Queue) à partir de Charleroi centre jusque Courcelles en passant par Lodelinsart, Jumet et Roux.
Le prolongement partira de la place du Centre, suivra la rue du Dauphin, la place du Manège, l'avenue Jacques Bertrand, la rue du Mambourg, la place de la Broucheterre, la rue Pige-au-Croly, la rue du Chenois, continuera à gauche sur siège spécial en passant à niveau le chemin de fer de l'Etat de Lodelisart à Jumet la Coupe. Il traversera ensuite la route de Châtelet, puis empruntera la ruelle de l'Harmonie, la rue Remoncheval, la rue de la Marine, la rue de l'Ermitage, la rue du Bois Delville, la rue Surlet, la rue Ledoux, la rue Gendebien, la rue Frère Orban, la rue du Commerce, la rue Pierre Joseph Wéry, la rue de Gohissart, la rue du Trieu, la rue Emmanuel Jacquet, la rue des Wayens, la rue de la Lâche, la rue de Marchienne, la rue en impasse qui se trouve à droite, immédiatement avant le chemin de fer de Piéton à Fleurus. A partir de cette rue le tracé continuera à gauche, sur siège spécial, traversera le chemin de fer, et viendra se raccorder à la rue de Marchienne au coin de la rue des Sartis. De là, il continuera de la rue de Marchienne, le Trieu Floris Lagneau, la rue du Ballon, la rue du Petit Courcelles et se terminera à la place Ferrer à Courcelles.

Le concessionnaire sera autorisé à traverser à niveau le chemin de fer de l'Etat de Lodelinsart à Jumet-la-Coupe (ligne réservée aux trains de marchandises).
Il sera également autorisé à établir pour l'usage exclusif du tramway un passage supérieur au-dessus du chemin de fer de l'Etat de Piéton à Fleurus à l'est de la halte de Wilbeauroux.
Les autorisations nécessaires feront l'objet d'arrêtés du Ministre des chemins de fer.

Le concessionnaire commencera l'exécution des travaux dans les 3 mois qui suivront la date à laquelle les plans approuvés lui seront remis par le Ministre. Sauf cas de force majeure, il les continuera et les terminera de manière à ce que la ligne puisse être en exploitation 18 mois après la date remise des plans approuvés.

De 7h à 19h en hiver, et à 20h en été, il ne s'écoulera pas plus de 15 minutes entre le passage de deux voitures consécutives à chaque station. Passé 19h en hiver et 20h en été, le service se fera au moins d'heure en heure.

Le prolongement sera divisé en sections de la manière suivantes:
1. de Charleroi, place du Centre, à Lodelinsart, ruelle de l'Harmonie;
2. de Lodelinsart, ruelle de l'Harmonie, à Jumet, rue de la Station;
3. de Jumet, rue de la Station, à Jumet, place Ferrer;
4. de Jumet, place Ferrer, à Roux, canal de Charleroi à Bruxelles;
5. de Roux, canal de Charleroi à Bruxelles, à Courcelles, rue des Sartis;
6. de Courcelles, rue des Sartis, au terminus, place Ferrer.
Les tarifs ne comportent qu'une seule classe.
Le prix par section ne pourra dépasser 5 centimes. Toute section entamée est due en entier.
Le minimum de taxe à percevoir par voyage est de 10 centimes.
Les enfants âgés de moins de 6 ans et tenus sur les genoux seront transportés gratuitement.
Les prix des transports ci-dessus pourront être doublés à partir de minuit.

La concession du prolongement prendra fin en même temps que celle de la ligne principale.

Annexé à notre demande de concession du 10 décembre 1912,
Signé: Un administrateur, Empain.
L'ingénieur en chef, Dutillieux.


Mémoire descriptif.

Le but de l'entreprise est de relier entre elles, par un moyen de transport commode et économique, les populeuses agglomérations de Courcelles, Roux, Jumet, Lodelinsart et Charleroi, et, grâce aux lignes de tramway déjà construites, de les relier aussi aux communes de Montigny-sur-Sambre, Marcinelle et Couillet.
Le prolongement des lignes de Charleroi à Couillet vers Courcelles commencera place du Centre, à Charleroi, emprunte la rue du Dauphin, la place du Manège, l'avenue Jacques Bertrand, la rue du Mambourg, la place de la Broucheterre et traverse par la rue Pige-au-Croly tout le quartier de la Broucheterre.
Passant ensuite sous le chemin de fer de Charleroi à Louvain, la prolongement traverse le commune de Lodelinsart. Il emprunte la rue du Chenois, traverse les terrains situés entre cette dernière rue et le route de Châtelet en passant à niveau le chemin de fer de Lodelisart à Jumet-la-Coupe et continue par la ruelle de l'Harmonie, la rue Remoncheval et la rue de la Marine.
Le prolongement traverse ensuite le territoire de Jumet, par les rues de l'Ermitage, du Bois Delville, Surlet, Ledoux, Gendebien, Frère Orban, du Commerce et Pierre-Joseph Wéry.
Se dirigeant par Gohyssart vers Roux, le tramway projeté emprunte les rues du Trieu, Emmanuel Jacquet, des Wayens, passe sur le canal de Charleroi à Bruxelles puis sous le chemin de fer de l'Etat et continue par les rues de la Lache et de Marchienne. Arrivé à proximité de la halte de Wilbeauroux, le tramway emprunte la dernière rue à droite (en impasse) précédant le chemin de fer, et franchit celui-ci en passage supérieur, par une déviation en siège spécial, qui vient se raccorder à la rue de Marchienne, sur le territoire de Courcelles, au coin de la rue des Sartis.
De là, le tracé reprend la rue de Marchienne, longe le Trieu Floris Lagneau puis emprunte les rues du Ballon et du Petit Courcelles pour aboutir au terminus, place Ferrer.


Le tramway projeté facilitera les relations existant déjà entre les communes traversées et en provoquera de nouvelles, car aujourd'hui plusieurs de ces communes sont totalement dépourvues de moyens de communication faciles, économiques, et fréquents soit entre elles, soit entre les importants hameaux dont elles se composent.

Courcelles et Roux, par exemple, n'ont à ce jour ni tramway ni chemin de fer vicinal. Entre Roux et Jumet, il n'existe aucun moyen de communication. La Broucheterre n'en ont pas davantage avec le centre de la Ville de Charleroi. Le tramway projeté fournira ces moyens de communication qui font défaut actuellement. Il reliera aussi à la station de Roux des agglomérations importantes qui en sont éloignées d'un et demi à deux kilomètres et n'y ont accès que par des chemins à profils en long très accidentés.

Comme partout ailleurs, l'établissement d'un tramway mettra en valeur de nombreuses propriétés et favorisera la construction de nouvelles habitations et par suite le développement de la matière imposable. Il contribuera ainsi à augmenter la richesse publique et privée.
L'utilité du tramway projeté est donc suffisamment démontrée. Elle ne fera qu'augmenter si, comme il en est question, les limites des cantons judiciaires sont modifiés  et si les communes de Roux et de Courcelles sont rattachées à la justice de Paix de Jumet.
Le tramway sera un affluent pour le chemin de fer de l'Etat à la station de Roux et à la halte de Wibeauroux. Il ne pourra d'ailleurs créer aucune concurrence au chemin de fer de l'Etat entre Roux et Charleroi. On s'en convaincra facilement si l'on compare au développement du chemin de fer celui qui est donné au tramway, afin de le conduire de centre à centre à travers les communes desservies, et si l'on tient compte aussi de la vitesse réduite à laquelle les trams devront circuler à travers ces agglomérations populeuses, et par un profil très mouvementé. Il va de soi que les voyageurs ne parcoureraient le tramway de bout en bout que s'il n'y avait pas de train de chemin de fer à leur disposition.
En général, le tracé du tramway suit des directions à peu près perpendiculaires à celles des lignes vicinales qu'il rencontre. Il ne peut donc que leur apporter du trafic et non leur en enlever. Si, en deux endroits, le tracé du tramway semble à peu près parallèle à celui des lignes vicinales, il n'en est pas moins vrai qu'en ces endroits, le tramway est appelé à desservir une clientèle tout à fait distincte. Dans ces endroits, en effet, le tramway et les lignes vicinales sont séparés par des lignes de chemin de fer interceptant, sauf en de très rares passages, les communications entre les agglomérations traversées. En fait, par conséquent, les hameaux traversés à ces endroits par le tramway projeté sont si mal desservis par les lignes vicinales. Il n'y a donc pas de concurrence à prendre en considération.
Le prolongement a une longueur totale d'environ 12.800 mètres. Il sera établi en totalité sur la voirie communale.

Annexé à notre demande de concession du 10 décembre 1912,
Signé: Un administrateur, Empain.
L'ingénieur en chef, Dutillieux.


Exposé des revenus probables.

Les relations entre les diverses communes de Charleroi, Lodelinsart, Jumet, Roux et Courcelles sont actuellement eu importantes en comparaison de celles qui existent entre Charleroi, Gilly, Montigny-sur-Sambre, Marcinelle et Couillet, pourvues de moyens de transport commodes et économiques.
Grâce à ces avantages, la population de ces dernières se développe continuellement et les tramways qui les desservent sont assurés d'une clientèle qui croit chaque année. Il en sera de même pour la nouvelle ligne.
Toutefois, si l'on tient compte d'une part des difficultés que présente le tracé, et les dépenses importantes qui en résulteront tant pour la construction que pour l'exploitation de la ligne, et d'autre part, de la grande modération des tarifs, il est à prévoir que les recettes nettes après déduction des dépenses ne couvriront l'intérêt à 4% et l'amortissement en capital qu'après plusieurs années d'exploitation.

Annexé à notre demande de concession du 10 décembre 1912,
Signé: Un administrateur, Empain.
L'ingénieur en chef, Dutillieux.

mercredi 26 février 2025

Le domaine provincial de Mariemont ^^

Bienvenue en gare de La Louvière (en plein travaux). Au programme d'aujourd'hui, une visite de la Louvière et du domaine Provincial de Mariemont, facilement accessible en bus TEC. 

Bonne vision!

 


Le canal du Centre


les fours-bouteille du musée Kéramis


L'intérieur d'un four-bouteille



Le Torii du Domaine de Mariemont


La salle des antiquités égyptiennes



L'exposition consacrée au Bouddha et à ses représentations



Le Bouddha du parc. Il n'en a pas l'air sur la photo, mais en fait il est immense!



samedi 22 février 2025

Tramways de Charleroi, nouvelles voitures remorquées ouvertes, 24 octobre 1912

Tramways électriques du Pays de Charleroi et Extensions
Société anonyme

Le 24 octobre 1912,

Monsieur le Ministre de l’Agriculture et des Travaux publics,

Nous avons l’honneur de soumettre à votre approbation le plan des nouvelles voitures remorquées ouvertes que nous proposons de mettre en service sur nos réseaux de tramways.

Chaque voiture comprend:

1.    Trois compartiments de 8 places assises chacun, sur le réseau de Charleroi - Gilly - Montigny. Le compartiment du milieu sera réservé aux voyageurs de 1ère classe.
2.    Deux plates formes, chacune de 12 places debout.

Un couloir est aménagé dans les compartiments à banquettes, suivant l’axe longitudinal de la voiture, pour le passage du receveur. Des guichets sont établis en face de ce couloir dans les parois de bout, de sorte que la perception peut se faire sans que le receveur doive circuler sur le bord extérieur du plancher de la voiture.

L’accès des voitures par le côté de l’entrevoie est barré par des tringles articulées pour les compartiments, et par des chainettes pour les plates formes.

Ces voitures seront munies d’un frein à vis manoeuvrable à la main de chaque plate forme et du frein pneumatique système Böker appliqué à notre matériel roulant.

Nous vous envoyons 7 exemplaires du plan de ces voitures afin que l’instruction de notre demande puisse se faire simultanément par toutes les administrations intéressées.

Un administrateur,
Signé Empain

mercredi 19 février 2025

Retour à Dendermonde ^^

Comme je m'y étais bien plue, je me suis dit que cette petite ville méritait bien une 2ème visite. Et je n'ai pas été déçue ^^

 

Un ancien bras de la Dendre et son écluse



L'Escaut



La Grand Place



L'Hôtel de Ville


Le Béguinage




 

samedi 15 février 2025

Tramways de Chaleroi, demande de prolongation jusque Châtelet, 22 aout 1912

Tramways électriques du Pays de Charleroi et Extensions,
Société anonyme

Tramways de Charleroi à Couillet (Queue et Centre)
Prolongement jusqu'au Boubier (Châtelet) de l'embranchement vers le centre de Couillet.

Bruxelles, le 22 aout 1912,

Monsieur le Ministre de l'Agriculture,

Nous avons l'honneur de vous demander la concession du prolongement jusqu'au Boubier (Châtelet) de l'embranchement vers le centre de Couillet de la ligne de Charleroi à la Queue de Couillet.
Signé: un administrateur, Empain.


Mémoire descriptif.

Le 7 décembre 1911, de nombreux habitants du Boubier et de la Blanche-Borne, importants hameaux situés aux confins des communes de Châtelet et de Couillet, adressèrent à Monsieur le Ministre de l'Agriculture et des Travaux Publics, une pétition tendant à faire prolonger l'embranchement vers Couillet-Centre de la ligne de Charleroi à Couillet-Queue jusqu'au siège n°2 de la Société des Charbonnages du Boubier.
Les pétitionnaires faisaient ressortir les avantages que ce prolongement présenterait pour leurs hameaux, qui actuellement se trouvent dépourvus de tous moyens de transport vers le centre de la commune de Couillet et vers Charleroi.
L'utilité de la ligne demandée en concession est donc bien démontrée. Elle apportera un accroissement de trafic à la ligne actuelle de Couillet-Montigny à Charleroi.
Le prolongement ne constitue une concurrence pour aucun autre moyen de transport, chemin de fer de l'Etat ou chemin de fer vicinal. Au contraire, comme il en quelque sorte un affluent du chemin de fer de l'Etat, à la station de Couillet.
Le prolongement a son origine au terminus actuel de Couillet-Montigny. Le tracé emprunte la route de Couillet à Châtelet et la ligne s'arrête près du siège n°2 de la société anonyme des charbonnages du Boubier.
Le tracé d'un développement total d'environ 1.400 mètres est situé sur les territoires des communes de Couillet et de Châtelet, et se trouve tout entier sur la grande voirie.
La ligne est projetée à double voie sur toute sa longueur.

Signé: un administrateur, Empain.
L'ingénieur en chef, Dutillieux.


Exposé des revenus probables.

Pour l'application des tarifs, le prolongement constituera une seule section.
Les tarifs ne comporteront qu'une seule classe.
Les prix de transport à percevoir sur le prolongement, durant toute la durée de la concession, ne pourront dépasser 10 centimes.
Pour le voyageur empruntant, soit à l'aller, soit au retour, une ou plusieurs sections du réseau principal, le tarif sera réduit à 5 centimes du chef du parcours sur le prolongement.
Les enfants âgés de moins de 6 ans et tenus sur les genoux seront transportés gratuitement.

En ce qui concerne le trafic, le prolongement du tramway de Couillet se trouvera dans des conditions présentant de grandes analogies avec celles du prolongement de la ligne de Charleroi à Gilly-Quatre Bras jusqu'à la limite de Châtelineau. Dans les deux cas, c'est le prolongement jusqu'à une agglomération d'importance secondaire, d'un tramway unissant une commune populeuse, Gilly ou Couillet, à un centre plus important encore, la Ville de Charleroi.
C'est donc la comparaison avec la ligne de Sart-Allet qui fournira le meilleur critère pour l'évaluation des revenus probables de la ligne projetée.
Le tarif est le même dans les deux cas. La ligne du Boubier aura une longueur d'environ 1.400 mètres et sera établie sur une route presque horizontale. Celle de Sart Allet a 2.150 mètres de longueur et présente, quelle que soit la direction, des parties en forte rampe. Les voyageurs sont donc dans ce dernier cas, plus portés à prendre le tram qui, pour le même prix, leur évite un trajet plus long et plus pénible.
D'un autre côté, les nombres des habitants des agglomérations spécialement desservies par le tramway du Sart Allet et par celui du Boubier sont à peu près dans le rapport de 2 à 1. De plus, les relations du Boubier et de la Banche Borne avec Châtelet sont au moins aussi importantes qu'avec Couillet et Charleroi et le tramway projeté ne servira guère pour aller dans la première direction.
Chacune des lignes constitue un affluent au chemin de fer de l'Etat, l'une à la station de Gilly Sart Allet, l'autre à celle de Couillet-Montignies.
Tenant compte de ces diverses circonstances, on peut estimer que les recettes de la ligne projetée ne dépasseront pas 40% de celles de la ligne du Sart-Allet. Celles-ci ont été d'environ 38.000 francs pendant la première année d'exploitation (comprenant la période d'ouverture de l'Exposition de Charleroi). On peut donc estimer que les recettes initiales du prolongement ne dépasseront pas 15.000 francs par an.
Dans ces conditions et pour le service minilum prévu au cahier des charges, les recettes nettes après déduction des dépenses d'exploitation, ne pourront couvrir l'intérêt de 4% et l'amortissement du capital qu'après quelques années d'exploitation.

Annexé à notre demande de concession du 22 aout 1912,

Signé: un administrateur, Empain.
L'ingénieur en chef, Dutillieux.

mercredi 12 février 2025

En vélo jusque Humbeek ^^

Quelques photos prises lors d'une sortie de vélo de +/- 30 kilomètres (un peu plus en fait, vu que j'ai du composer avec plusieurs déviations).

Vilvoorde, vu depuis le pont de la Salangane


Vilvoorde



Humbeek





samedi 8 février 2025

Tramway de Charleroi, partage des recettes liées aux abonnements, 15 mars 1912

Bruxelles, le 15 mars 1912,


Messieurs,


Par lettre du 28 mars 1911, vous m’avez demandé d’après quelle base doit être effectuée la répartition entre les administrations communales de Charleroi, Gilly et Montigny sur Sambre de la redevance de 8,15% à prélever sur le montant des recettes provenant des abonnements valables sur le réseau de tramway de Charleroi à Gilly et à Montigny sur Sambre.

La répartition des redevances à payer aux communes est réglée par les cahiers des charges du 16 juin 1903 et 25 juillet 1905. En vertu de ces prescriptions, la redevance provenant du réseau concédé par arrêté royal du 28 septembre 1903 est partagée entre les communes de Charleroi, Gilly et Montigny au prorata des longueurs de ligne existant sur leur territoire, tandis que la redevance provenant du prolongement vers Châtelineau (arrêté royal du 29 aout 1905) est versée intégralement à la commune de Gilly.

Dans ces conditions, il est logique d’adopter, pour les redevances relatives aux abonnements, des bases identiques à celles qui précèdent, à savoir au prorata des parts que reçoivent les communes dans la redevance sur l’ensemble des autres recettes brutes effectuées sur les lignes.

Le Ministre,

A. Van de Vyvere