dimanche 9 juin 2019

Une voiture Stabuck en modèle réduit ^^

Le Wirral Transport Museum & Heritage Tramway vient d'obtenir en prêt cette petite voiture-jouet qui fait partie des collections du Williamson Art Gallery and Museum.




Ce modèle réduit a été réalisé vers 1880 par James Todd, dont l'atelier se trouvait à Birkenhead, sur Watson Street. Avant d'avoir son propre atelier, Monsieur Todd a travaillé aux ateliers Geo Starbuck, ce qui explique qu'il s'est inspiré des premiers modèles de tramways construits à Birkenhead dans les années 1860. On notera que l'aspect et la livrée du véhicules sont génériques, et ne correspondent pas à un modèle particulier. 

Bon dimanche!

samedi 8 juin 2019

"La Mode Illustrée", 8 juin 1884 ^^

Voici quelques scans issus du magazine français "La Mode Illustrée" paru en date du 8 juin 1884. Vous y trouverez des gravures de mode féminine (notamment des robes et un mantelet), ainsi que divers modèles de broderie.

Bonne lecture!







mercredi 5 juin 2019

La rénovation de la chevaline 7 (ex Tramways Bruxellois, ex Voies Ferrées Belges), entre 1927 et 1930 ^^

On lit souvent que la chevaline 7 est l'un des trois plus anciens tramways préservés dans son état d'origine, avec la n°1 de Berlin (1865) et la n°3 du Ryde Pier Tramway (1867). Pourtant, les portes ainsi que certaines boiseries ont été remplacées, de même que les vitres, les coussins de velours rouge, les courroies en cuir, les roues et 3 boites d'essieux sur 4. Peut-on encore parler "d'état d'origine", telle est la question...

De même, la livrée actuelle de la chevaline 7, qui date de sa dernière remise en état (1927 ou 1930, selon les sources) n'est pas la copie identique de la livrée d'origine, visible sur la photo ci-dessous, prise en 1874.

Une voiture de la compagnie Morris (autre nom des "Voies Ferrées Belges"),
immortalisée près du dépôt du Bois de la Cambre dans le courant de l'année 1874



Tout d'abord, voyons ce que nous en dit Albert Jacquet dans une note manuscrite: 
Petit à petit, les 26 voitures à impériale furent retirées du service et remplacées par des voitures du type "Nivelles". Les voitures 4, 12, 13, 17, 19 et 20 à 26 furent démolies. La 7 fut conservée. Cette voiture a figuré en 1885 dans le Cortège des Moyens de Transport, à l'occasion des fêtes du cinquantenaire des Chemins de fer. Elle a également été exposée à Tervueren lors de l'exposition internationale de Bruxelles de 1897, puis a été reléguée au fond d'un dépôt où elle s'est fortement délabrée. En 1927, la direction générale des Tramways Bruxellois s'est décidée à remettre la voiture Morris n°7 complètement en état, et à la préserver de la sorte d'une ruine irrémédiable.

On ne sait pas exactement quand elle a été "remise en état", mais elle l'est en tout cas avant le Grand Cortège Lumineux qui circule en août et septembre 1930. Cette rénovation est confirmée par la correspondance échangée entre les Tramways Bruxellois et les Musées Royaux d'Art et d'Histoire qui mentionne, en 1931, que la chevaline 7, remisée au dépôt de la rue Rossini, a été remise à neuf et qu'elle est "en parfait état".


Revenons maintenant à la livrée de notre chevaline 7. La livrée que nous connaissons aujourd'hui est celle qui lui a été attribuée lors de la rénovation intervenue entre 1927 et 1930.

La chevaline 7 au Musée du Tram de Woluwe, en 2017


Examinons les chapiteaux des colonnes qui forment les angles de la caisse du véhicule. Ces chapiteaux et ces colonnes comportaient des éléments de décoration importants, qui faisaient partie intégrante des finitions soignées apportées par la firme Starbuck aux véhicules qu'elle commercialisait.

Le photo-montage ci-dessous montre:

A gauche, un des 4 chapiteaux de colonne de notre chevaline 7 (photo de 2019). 
Au centre, nous avons un élément de décoration issu d'une autre voiture Starbuck: la voiture 7 du réseau de Birkenhead, construite en 1876. Lors de la rénovation de cette voiture, il est apparu que ces décorations, peintes sur de petits morceaux de bois, avaient été apposées sur les chapiteaux de colonne à l'aide de minuscules clous. 
Et à droite, nous avons un agrandissement de la photo de 1874, qui nous montre la colonne et son chapiteau. Et, jackpot, on y voit manifestement une décoration en relief, sans doute elle aussi fixée à la colonne à l'aide de petits clous.




Si l'on compare également les photos de gauche et de droite, on voit également que les filets de la livrée d'origine ne sont pas reproduits sur la livrée actuelle. 

Dans le cadre d'une éventuelle rénovation future et / ou remise en peinture de la chevaline 7, cela vaudrait en tout cas la peine de gratter les couches de peintures du chapiteau et du haut de la colonne afin d'essayer de retrouver la livrée et/ou le motif d'origine de la voiture.


Edit: des travaux de recherches ultérieurs ont permis d'établir que les actuels panneaux latéraux de la chevaline 7 ne sont pas les panneaux d'origine.
Je vous raconte tout cela dans un article à part.

 
Bonne soirée,

Callisto

samedi 1 juin 2019

"La Mode Illustrée", 1er juin 1884 ^^

Voici quelques scans issus du magazine français "La Mode Illustrée" paru en date du 1er juin 1884. Vous y trouverez des gravures de mode féminine (notamment des robes et des manteaux), ainsi que divers modèles pour enfants.

Bonne lecture!








mercredi 29 mai 2019

Bruxelles et ses machines à coudres, 1866-1875 ^^

Trouvé en cherchant autre chose (comme souvent):

Je cherchais un café-restaurant "Au Tivoli" qui était exploité en 1869. Pour mes recherches, j'ai consulté les anciens almanachs commerciaux scannés et disponibles en ligne sur le site des archives de la Ville de Bruxelles.

Je n'ai pas trouvé ce café-restaurant, mais, par contre, j'ai trouvé un tas d'anciennes publicités pour des machines à coudre "bruxelloises". Et moi qui ne désespérait de ne pas en trouver!

Je vous présente chacune des publicités en indiquant le lien vers la page web où elle peut être consultée (ne sachant pas si les images peuvent, ou non, être reproduites).

A. Almanach commercial de 1866.

A tout seigneur, tout honneur, nous commencerons cette rubrique en présentant les machines à coudre Howe assemblées et commercialisées (sous licence) par Firmin Mignot. Son adresse n'est pas encore
Rue Neuve 101-103 (comme sur les tickets chromo faisant sa publicité) mais rue de la Limite 12 (derrière l'Observatoire). La publicité reproduite dans l'almanach nous apprend qu'il est également spécialisé dans les machines à coudre à broder et à franger.

Nous partons rue du Lombard, au numéro 3, où se trouvait la manufacture de machines à coudre perfectionnées et construites par F. Corbet. La manufacture comportait un atelier dédié aux réparations. Chaque machine vendue était accompagnée d'une instruction qui permettait d'apprendre seul à la faire fonctionner. C'est amusant de lire que chaque revendeur avait ses arguments de vente ^^

Passons à J-D Charlier, rue d'Assaut, 19 bis, qui se présente comme étant agent général de la compagnie Singer. La publicité est légèrement mensongère (on est pas loin des fake-news): on y lit que les machines à coudre Singer sont en usage dans tous les couvents, asiles, institutions de charité et écoles. Bon évidemment, ce n'était probablement pas le cas (de un) et, (de deux), la compagnie Singer avait quasi offert les machines à coudre utilisées par ces institutions, en les vendant à bas prix à des fins de propagande.
Donc, d'abord, Singer leur offre d'importantes réductions sur les machines vendues et, après, Singer peut affirmer: "ils utilisent nos machines, c'est que ce sont les meilleures, n'est ce pas?"
Comme je le disais avant, chaque société avait ses arguments de vente. Et ceux-ci, c'étaient ceux d'Edward Clark, qui avait mis cette stratégie marketing en place.


B. Almanach commercial de 1870.

On y retrouve H.J. Petit et sa fabrique de machines à coudre du 14 de la rue des Croisades. On y apprend qu'il avait une succursale au 61 de la rue Neuve et qu'il a reçu trois médailles lors d'expositions universelles:
* Paris en 1867,
* Amsterdam en 1868,
* et Le Havre en 1869.


L'usine de machines à coudre de H.J. Petit, sise au 14 de la rue des Croisades



On retrouve également un dénomme Joseph Lierneux, mécanicien, qui revend des machines à coudre américaines des marques Elias Howe Junior et Wheeler & Wilson. Son magasin, sis chaussée de Ninove 104 à Molenbeek-lez-Bruxelles, vend aussi de l'huile, des aiguilles du fil et autres accessoires divers, ainsi que des flocons pour literie.

Une autre annonce, sur la même page, nous présente la fabrique de machines à coudre de P. Jacubowitz, sise rue des Boiteux 15 à Bruxelles. Sa gamme de produit est large est variée: machines américaines Elias Howe, Wheeler & Wilson, Singer et autres. Toute machine livrée par sa maison est garantie. Il offre également des facilités de paiement: 10 francs par mois.
Il commercialise également des journaux de mode pour homme et dame, ainsi que des modèles de vêtement en grandeur naturelle dans un magasin se trouvant de l'autre côté de la même rue, au numéro 26.

Au 82 de la rue du Midi se trouve l'agence générale pour les machines à coudre Loewe, tenue par R.B. Turner. Son modèle phare, une machine à main, s'appelle "La Princesse Louise". Il commercialise également des pièces détachées, des machines à tricoter et des machines à broder munies d'un appareil à soutacher.
 
C'en est fini pour mes trouvailles du jour!

Bonne soirée et à bientôt,

C.

samedi 25 mai 2019

L'Europe en anciennes cartes postales: le monastère et le pensionnat du Berlaymont, Bruxelles ^^

Notre tour d'Europe en anciennes cartes postales nous emmène à la découverte du monastère et du pensionnat du Berlaymont de la rue de la Loi à Bruxelles. 

Cet ensemble immobilier, qui comprenait un convent, une école pour jeunes filles (avec internat et externat) ainsi qu'un grand parc, occupait quasiment la totalité de l'îlot formé par les rue de la Loi, Stévin et Archimède et le boulevard Charlemagne. Il se trouvait donc à l'emplacement de l'actuel Berlaymont, qui est le siège de la Commission européenne.

Bonne vision! 

Vues de la rue de la Loi prises depuis le rond-point, vers le centre-ville. Le pensionnat se trouve sous la flèche jaune.


La façade arrière, vue depuis le parc

 
La grande salle


La salle d'étude


La salle de physique


Une galerie
 

La chapelle

 
La Vierge aux 4 colonnes


Le parc en avril


La grotte de Lourdes


mercredi 22 mai 2019

Arthur du Roy de Blicquy (1835-1907) ^^

Il n'est pas toujours facile de retrouver des informations sur les hommes d'affaires et ingénieurs qui ont fait de l'industrie des tramways ce qu'ils sont aujourd'hui. On l'a déjà vu avec William et John Morris, William Sheldon, Albert Vaucamps, Firmin Mignot, Albert Jacquet, Frédéric Nyst et bien d'autres.

L'un des noms qui revient sans cesse, dans mes travaux, est celui d'Arthur du Roy de Blicquy, ingénieur (et inventeur) pour la société Métallurgique et Charbonnière belge, qui devient "la Métallurgique" en 1880 et dont il sera le président.


Alors, cet Arthur, qui est-il?

Selon l'ouvrage "La Belgique héraldique" de M. Poplimont, Arthur est le 5ème fils d'Alexis du Roy de Blicquy, né à Ath, le 28 janvier 1798. Alexis, chevalier de l'Ordre de Léopold, fut, entre autres, membre de la Chambre des représentants, membre du conseil provincial du Hainaut et bourgmestre de Blicquy. Il décède en 1875.

Les frères d'Arthur auront aussi une carrière prestigieuse:
  • Harold du Roy de Blicquy (1831-1865) est capitaine d'état major et officier d'ordonnance de Son Altesse Royale le comte de Flandre;
  • Edmond (1833-1867) est ingénieur des Ponts et Chaussées; 
  • Fernand (1836-1913) est lieutenant général de cavalerie, aide de camp honoraire du Roi et Grand Officier de l'ordre de Léopold; 
  • Léopold (1839-1884) est capitaine-commandant de cavalerie;
  • tandis que Gustave (1842-1924) est conseiller honoraire à la Cour de Cassation.


Comme dit ci-avant, nous avons déjà pas mal parlé d'Arthur sur le blog. Petit rappel des articles dans lesquels nous l'avons déjà rencontré:
  • Lors des essais de traction vapeur réalisés sur la ligne du Bois de la Cambre par les Tramways Bruxellois en 1875/1876. Arthur présente au Roi la locomotive qu'il a inventée, pour le compte de la société Métallurgique et Charbonnière.
  • En 1877, il témoigne lors du procès Philippart, vu qu'il avait été chargé de réaliser une expertise du matériel roulant d'Albert Vaucamps.
  • Dès la création de la société Métallurgique, en 1880, il en est nommé administrateur.
  • Il est également administrateur de la société du chemin de fer à voie étroite de Bruxelles à Ixelles-Boendael (BIB) dès la création de celle-ci (1884).
  • Il fait également partie du comité organisateur du cortège historique des moyens de transports organisé dans le cadre du cinquantenaire des chemins de fer en 1885.
  • Il est également nommé vice-président de la société belge des ingénieurs et des industriels en 1889.


En 1906, il est (notamment) président de la Métallurgique et administrateur des Ateliers de Construction du Nord de la France, de la société Nationale des chemins de fer vicinaux, des Tramways d'Astrakhan, des Tramways de Lille, de la compagnie belge des chemins de fer réunis, des tramways de Kischinew, de la société générale de tramway en Espagne, des hauts fourneaux de Châtelineau, de la compagnie des Nitrates, de la compagnie générale des chemins de fer et des tramways en Chine, des chemins de fer vicinaux en Andalousie et de la compagnie générale de Railways et d'Electricité.


Il décède en juin 1907, comme en témoigne cet extrait du "Petit Bleu du Matin" du 8 juin 1907:
"Hier ont été célébrées les funérailles de M. Arthur du Roy de Blicquy, ingénieur honoraire des ponts et chaussées, administrateur de nombreuses sociétés et des fondateurs de la Société nationale des chemins de fer vicinaux. Il avait 72 ans et était le frère du lieutenant général retraité du Roy de Blicquy, aide de camp honoraire du Roi."


lundi 20 mai 2019

L'autre voiture Starbuck ^^

Liège... cité belge traversée par la Meuse, célèbre pour sa tour des Finances de la rue Paradis...

La Meuse et la tour des Finances, vues depuis le pont Albert

... et sa gare Calatrava.

La gare de Liège-Guillemins

Si je me rends à Liège, c'est pour faire du tourisme tramviaire, bien entendu ^^ Je suis à la recherche d'une petite soeur de la chevaline 7. Hé oui, il existerait une seconde voiture Starbuck en Belgique. J'ai hâte de voir cela!

Pour ce faire, je me rends au Musée des Transports en commun de Wallonie. La visite s'annonce excellente, vu qu'elle débute avec une remorque ouverte à 5 bancs (à traction chevaline), un taxi hippomobile et la magnifique Berline de gala de François-Antoine de Méan (1756-1831), dernier prince-évêque de Liège.

Berline de gala de François-Antoine de Méan (1756-1831), dernier prince-évêque de Liège


Quelques mètres plus loin, je trouve la voiture Starbuck. Elle est présentée comme étant de construction anglaise, mais de constructeur inconnu. Elle daterait de 1875 environ.







Bien que "de constructeur anglais inconnu", une de ses boîtes d'essieux trahit sa provenance: "SC&WC LD". Autrement dit: "Starbuck Car & Wagon Company Limited". Voici donc bien une authentique voiture Starbuck construite à Birkenhead après le 6 novembre 1872 ;-)



Les explications fournies aux visiteurs présentent également ce véhicule à impériale, qui porte le numéro 7. Encore une autre voiture Starbuck? Les paris sont ouverts ^^



La visite au Musée des Transports en commun de Wallonie est également l'occasion pour moi de faire connaissance avec Frédéric Nyst, le tout premier adjudicataire de la ligne de tramway du Bois de la Cambre. D'après les informations fournies aux visiteurs, Frédéric Nyst (1836-1920) serait d'origine hollandaise. Il fut le fondateur du réseau de tramways Est-Ouest de Liège.

Portrait de Frédéric Nyst, réalisé en 1905 par Jozef Janssens


Frédéric Nyst pose avec son personnel: il est dans la voiture, au centre.


A quelques centaines de mètres du Musée des Transports en commun de Wallonie, se trouve la Maison de la Métallurgie et de l'Industrie. La visite m'a énormément plu, surtout l'ancienne forge des 17ème et 18ème siècle, dont vous trouverez deux photos ci-après. La première montre la roue à aube qui donnait la force motrice nécessaire au fonctionnement de la forge, tandis que l'on voit, sur la seconde, le plus ancien laminoir au monde. Il remonte à 1816 et permettait d'écraser les barres de fer pour les transformer en fines tôles.


Le laminoir de 1816


La salle de la vapeur, avec son immense roue, mérite également un détour.



Avant de regagner Bruxelles, petit détour par l'exposition "Génération 80", dont le prix d'entrée était compris dans le prix de mon billet de train. La cerise sur le gâteau revient certainement à leur impressionnante collection de robots Goldorak: il y a en a bien une vingtaine d'exposés!




C'est par cette visite que se termina une très belle journée, riche en découvertes ^^


Bonne soirée,

Callisto

samedi 18 mai 2019

"La Mode Illustrée", 18 mai 1884 ^^

Voici quelques scans issus du magazine français "La Mode Illustrée" paru en date du 18 mai 1884. Vous y trouverez des gravures de mode féminine (notamment des robes, des costumes, des mantelets et des chapeaux), ainsi divers articles de layette.

Bonne lecture!










mercredi 15 mai 2019

Projet de chemin de fer souterrain, Bruxelles, mai 1885 ^^

Attention: trésor: ceci est peut-être le premier projet de métro à Bruxelles ! Ne soyons pas étonnés: les ingénieurs de l'époque rêvaient déjà d'un tunnel sous la Manche, et ce dès 1880.

Nous pouvons ainsi lire, dans le « Journal de Bruxelles » du 11 mai 1885 :

Le quartier du bas de la ville n’est relié directement à celui du haut et à la commune d'Ixelles que par des voies de communication à rampes assez fortes.
Les moyens de locomotion rapide entre ces deux points extrêmes laissent essentiellement à désirer : les omnibus de pavé, dont les départs n’ont lieu que toutes les 20 minutes, constituent, en effet, comme transport en commun, l’unique ressource pour les personnes que leurs affaires ou leurs plaisirs appellent au centre de la ville.

Monsieur Gillon, ingénieur à Liège, s’est préoccupé de cette situation et a soumis un projet de chemin de fer souterrain à traction par câble métallique, partant du bas de la rue de la Madeleine, à l’angle de la rue de la Putterie, pour aboutir à la porte de Namur, en passant transversalement sous la Petite rue de la Madeleine, les rues des Armuriers, Cantersteen, de la Croix-Blanche, Notre-Dame, Ravenstein, Montagne de la Cour, place Royale, rues  de Namur, Bréderode, Thérésienne et de la Pépinière. 

Il demande à la ville de bien vouloir appuyer les résultats de ses études, en vue de l’établissement de cette voie ferrée funiculaire, dont l’idée n’est pas nouvelle, puisqu’elle a déjà reçu son application dans d’autres villes, comme à Constantinople et à Lyon.

Le mémoire descriptif qui accompagne le projet de M. Gillon renferme les détails de l’opération. Nous n’en donnerons ici que les grandes lignes :

1. La longueur du tunnel serait de 1.010 mètres.

2. La largeur du tunnel serait de 8 mètres.

3. La hauteur serait de 6 mètres 30, depuis le dessous du radier jusqu’à l’extrados de la voûte. 

4. L’épaisseur entre cet extrados et le dessus du pavage serait de :
  • 3 mètres sous la petite rue de la Madeleine,
  • 5 mètres sous la rue des Armuriers,
  • 6.50 mètres sous la rue Cantersteen,
  • 10 mètres sous l’impasse Saint Roch,
  • 9 mètres sous la rue de la Croix-Blanche,
  • 7,50 mètres sous la rue Notre-Dame,
  • 6 mètres sous la rue de la Montagne de la Cour, en regard de la rue Ravenstein,
  • 1,50 mètres sous la place Royale,
  • 5 mètres sous la rue Brederode,
  • 7,50 mètres sous la rue Thérésienne,
  • Et 6 mètres sous la rue de la Pépinière.

5. Les départs, tant par la voiture montante que par la voiture descendante, auraient lieu toutes les 5 à 6 minutes, de sept heures du matin à minuit, de trois gares, qui seraient situées :
  • Au pied (rue de la Putterie),
  • Au milieu (Place Royale)
  • Et au sommet de la côte (Porte de Namur).
A côté de l’emplacement de cette gare supérieure, se trouveraient installées les machines fixes à vapeur. L’éclairage à la lumière électrique et la ventilation seraient aménagés de façon à donner entière satisfaction au public voyageur et les péages, pour un parcours total ou partiel, seraient fixés comme suit : 15 centimes en seconde et 25 centimes en première classe. 


6. Le tunnel aboutirait à la rencontre du tramway à vapeur d’Ixelles et de la voie exploitée par les Tramways Bruxellois, ce qui permettrait aux habitants du bas de la Ville de se rendre rapidement et d’une façon sûre au Quartier Léopold et au Bois de la Cambre.


La question de la concession est entièrement de la compétence du Gouvernement, et non de la Ville de Bruxelles.

Aucune suite n'a visiblement été donnée à ce projet, pourtant relancé en 1894 suite à la demande des ingénieurs François Wellens, A. Le Brun et Arthur du Roy de Blicquy d'établir un funiculaire aérien reliant le haut et le bas de la ville.